vendredi, 17 avril 2026 11:21

Extraction illégale de données, 4 792 dossiers confidentiels retrouvés sur un ordinateur personnel

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Sénégal

Atlanticactu/ Cybercriminalité/ Tribunal de Dakar/ Serigne Ndong

Le Bureau d’enrôlement des flagrants délits du tribunal de Dakar est au cœur d’un scandale lié à une fuite massive de données judiciaires confidentielles. Selon Libération, l’enquête menée par la BAG de la DIC a abouti à l’interpellation de trois personnes : P. Sakho, consultant informatique, M. Ka, surveillant principal de prison, et I. Coulibaly, agent au bureau de recouvrement.

Présentés au parquet ce lundi, ils sont poursuivis pour « atteinte à l’administration de la justice », après la découverte de « 4 792 dossiers » sensibles stockés illégalement sur l’ordinateur personnel de Sakho.

L’affaire a été déclenchée par un signalement de Ka visant Sakho. D’après le journal, le surveillant affirme lui avoir accordé un accès au bureau pour développer bénévolement un outil de numérisation destiné à moderniser un système jusque-là « essentiellement manuel ». Cependant, le consultant aurait largement dépassé ce cadre. Grâce à ses accès répétés au Palais de justice, il aurait extrait une base couvrant plus de cinq ans d’activités judiciaires, du 1er décembre 2020 au 10 avril 2026. L’analyse de son ordinateur a révélé des données sensibles, notamment « des identités de personnes mises en cause, des infractions, des mandats de dépôt et des décisions rendues ».

Entendu par les enquêteurs, le suspect a reconnu avoir « accédé aux registres d’enrôlement et manipulé des données judiciaires », évoquant la complicité de certains agents. Il a notamment désigné Coulibaly comme facilitateur. Ce dernier, en fonction depuis juin 2025, a reconnu avoir « commis une faute, en transmettant ces données à un tiers non habilité », concernant des audiences de 2025. Il nie toutefois être à l’origine de l’ensemble des fichiers, estimant que les données antérieures proviendraient des registres du bureau de Ka.

Les investigations se poursuivent pour établir les responsabilités et vérifier un éventuel usage frauduleux de ces informations, tandis que Sakho admet être « conscient du caractère sensible des données concernées ».

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