mardi, 31 mars 2026 12:37

Scandale financier en vue ? Une résolution pour lever le voile sur 650 millions €

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Sénégal

Atlanticactu/ Takku Wallu/ Finances Publiques/ Serigne Ndong

Le Groupe parlementaire Takku Wallu a annoncé, ce lundi 30 mars 2026, le dépôt prochain d’une résolution destinée à éclairer un montage financier complexe, jugé « opaque », d’un montant de 650 millions d’euros, soit environ 426 milliards de FCFA.

Cette démarche, qu’il dit fonder sur « l’article 50 du Règlement Intérieur de l’Assemblée nationale », intervient à la suite des révélations du Financial Times sur un mécanisme de Total Return Swap (TRS) conclu en juin 2025 par l’État du Sénégal avec la First Abu Dhabi Bank et l’Africa Finance Corporation.

Lors d’une conférence de presse, Aïssata Tall Sall a indiqué que « bien que ce montage ait été réalisé dès juin 2025, il n’a jamais été porté à leur connaissance, même lors des débats et du vote de la Loi de Finances Initiale (LFI) 2026 en novembre dernier ». Elle précise que le TRS est un instrument dérivé permettant d’obtenir des liquidités en contrepartie des rendements d’actifs, notamment obligataires.

Du fait de sa qualification juridique de « dérivé » et non de « prêt conventionnel », cette opération n’apparaît pas dans les comptes publics officiels, ce qui contribuerait, selon les députés, à « masquer le niveau réel de l’endettement de l’État ». Ils dénoncent également un accord conclu de « gré à gré, sans appel d’offres ni publicité ».

L’avocate et parlementaire met en garde contre des risques financiers qualifiés de « dévastateurs » pour la soutenabilité des finances publiques. Elle souligne qu’un tel mécanisme implique souvent une décote de 30 à 40 %, précisant que pour « 150 millions d’euros engagés, le Sénégal n’en percevrait que 105 millions, laissant les plus-values aux banques partenaires ». Elle ajoute qu’en cas de baisse de la valeur des obligations, l’État devra compenser, et qu’un défaut de paiement entraînerait « l’exigibilité immédiate de la dette assortie de lourdes pénalités ».

Sur les plans diplomatique et financier, le groupe parlementaire affirme que cette affaire suscite une « vive inquiétude chez les partenaires au développement et les créanciers traditionnels », non informés en amont, ce qui pourrait « fragiliser gravement le crédit et la signature du pays à l’international ».

Au niveau interne, le flou entourant d’éventuels « gages sur nos ressources en hydrocarbures » alimente les inquiétudes. En conclusion, Aïssata Tall Sall estime que les explications du ministre des Finances et du Budget restent « insuffisantes et contradictoires face à la gravité des faits ».

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