lundi, 20 mai 2024 09:19

Tunisie :L’Union européenne compte investir plus d’un milliard d’euros pour endiguer les flux migratoires

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Atlanticactu / Sfax / Youssef Zyne
L’Union européenne vient de signer un chèque d’un milliard d’euros en faveur de la Tunisie pour stopper les vagues migratoires vers le vieux continent. Ce fonds permettra à Tunis à se développer économiquement et à lutter contre l’immigration illégale qui transite par son territoire.
Plusieurs dirigeants européens et le président tunisien Kaïs Saïed ont annoncé dimanche 16 juillet la signature d’un “partenariat stratégique” visant à établir des relations économiques et commerciales plus étroites, et à prendre des mesures pour combattre le trafic meurtrier de migrants à travers la mer Méditerranée.
L’accord, conclu en présence de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, prévoit le versement de 1 milliard d’euros à la Tunisie. Les chefs de gouvernement italien Giorgia Meloni et néerlandais Mark Rutte accompagnaient la dirigeante européenne après une première visite du trio il y a un mois, à l’occasion de laquelle ils avaient proposé ce partenariat.
S’exprimant depuis le palais présidentiel tunisien, Ursula von der Leyen a salué l’accord comme un investissement dans « la prospérité et la stabilité partagées », fait savoir le site d’information américain Politico. « Le naufrage tragique d’il y a quelques semaines, au cours duquel de nombreuses personnes ont perdu la vie, était un autre appel à l’action », a-t-elle déclaré. Kaïs Saïed a, lui, estimé qu’il était absolument nécessaire de conclure un accord collectif sur la « migration inhumaine […] derrière laquelle se cachent des réseaux criminels », rapporte le journal indépendant tunisien Business News.
Un accord à cinq piliers
Le mémorandum repose sur 5 piliers, détaillés par l’hebdomadaire tunisien Réalités. Tout d’abord, il comprend un volet éducatif, afin de “réunir nos peuples et mettre au point des opportunités pour nos jeunes en termes d’études, de stages et d’emplois au sein de l’UE”, selon von der Leyen. Il s’agira aussi de moderniser les écoles tunisiennes. Le second pilier porte sur le développement économique, à travers un soutien financier, principalement destiné au budget de l’État tunisien.
Le troisième pilier porte sur l‘investissement et le commerce, et vise à « améliorer le climat des affaires afin d’attirer les investissements » européens, ainsi qu’à « favoriser l’économie verte, […] le tourisme et les sociétés locales », annonce la présidente de la Commission. Le quatrième pilier concerne les investissements dans le numérique, à l’instar du câble maritime Medusa censé relier la Tunisie à l’Europe d’ici 2025, pour un coût de 350 millions d’euros.
Le cinquième pilier, pour sa part, porte sur la migration clandestine, avec une enveloppe d’au moins 100 millions d’euros. « Il est essentiel de s’attaquer aux réseaux criminels et à ceux de la traite des personnes. Nous allons renforcer notre partenariat au niveau des mers pour secourir (les migrants) »,  a déclaré la présidente de la Commission européenne.
« Remodeler la mobilité africaine »
Yasmine Akrimi, chercheuse au Centre international de Bruxelles, juge auprès de la chaîne d’information qatarie Al-Jazeera que l’accord est une tentative de « remodeler la mobilité africaine ». L’UE essaie de parvenir à cet accord depuis des décennies, explique la chercheuse, avec l’idée de transformer les pays d’Afrique du Nord en une “plateforme de débarquement” pour les réfugiés et les migrants. « L’Italie aimerait pouvoir faire de la Tunisie ce qu’elle appelle un pays tiers sûr – ce qui signifie que toute personne qui passe par la Tunisie peut éventuellement être relocalisée en Tunisie », ajoute-t-elle.
Giorgia Meloni, justement, a salué « une nouvelle et importante étape pour faire face à la crise migratoire », et a invité Kaïs Saïed à une conférence internationale sur la migration le 23 juillet, rapporte le journal chinois South China Morning Post. Mark Rutte a affirmé de son côté sur Twitter que l’accord aiderait à lutter contre les trafiquants d’êtres humains.
La Tunisie est sous le feu des critiques internationales après que des centaines de migrants ont été expulsés ces derniers mois « vers des zones désertiques et inhospitalières aux frontières de la Libye et de l’Algérie », observe la chaîne de télévision américaine ABC. Lors de la conférence de presse qui a suivi la signature du mémorandum, Kaïs Saïed a cependant tenu à dire que les migrants étaient bien traités dans son pays : « Le peuple tunisien a fourni tout ce qui était possible à ces migrants, avec une générosité sans limite. »

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