Gambie
Atlanticactu/ New York/ Banjul/ Amsatu Barrow
Présentée comme un havre démocratique en Afrique de l’Ouest depuis la chute de Yahya Jammeh en 2017, la Gambie fait l’objet de critiques sévères de la part des Nations unies. Suite aux arrestations de jeunes manifestants et l’éviction du Vérificateur général qui avait dévoilé des malversations, des experts onusiens interpellent Banjul.
Dans une communication formelle adressée au gouvernement gambien, deux rapporteurs spéciaux de l’ONU ont dénoncé des « arrestations massives » de manifestants pacifiques et la destitution controversée du vérificateur général. Ces événements survenus à la fin de l’année 2025, s’ils n’avaient pas encore été documentés de manière aussi officielle, jettent une ombre sur les engagements pris par les autorités de Banjul en matière de droits humains et de bonne gouvernance.
Les Nations Unies alertent face à un « schéma de plus en plus répressif »
L’articulation des deux dossiers dans une même communication onusienne n’est pas anodine. Pour Gina Romero et son collègue, la répression des manifestations et l’éviction du vérificateur général pourraient relever d’une même logique. Ils évoquent prudemment un « schéma de plus en plus répressif » et appellent les autorités gambiennes à « prendre des mesures immédiates pour enrayer les violations et assurer la responsabilité de toute action illégale des forces de sécurité ». La communication des rapporteurs spéciaux n’est pas une condamnation définitive. Il s’agit d’une procédure contradictoire qui offre au gouvernement gambien la possibilité de répondre point par point aux allégations formulées. Le document a été officiellement transmis aux autorités de Banjul, et sa teneur, ainsi que la réponse éventuelle de l’État gambien, seront rendues publiques et portées à la connaissance du Conseil des droits de l’homme. Depuis 2017 et l’élection du président Adama Barrow, la Gambie s’efforce de tourner la page de vingt-deux ans de dictature.
Des manifestations de jeunes réprimées dans la violence suite à l’annonce par l’Autorité de régulation des services publics (PURA) d’une hausse des tarifs douaniers pouvant atteindre 275 %.
