vendredi, 1 mars 2024 18:28

Propos haineux du président Kaïs Saïed, Abidjan rapatrie 290 ivoiriens de Tunisie

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Sénégal
Atlanticactu/ Abidjan/ Didier Tapsoba
Près d’un mois après la sortie haineuse de u président tunisien sur les migrants subsahariens, les pays de la CEDEAO continuent de rapatrier leurs citoyens victimes de violences et voies de faits. Après Conakry, Bamako, Dakar, etc avec déjà plusieurs vols, Abidjan vient de procéder au rapatriement de près de 290 ivoiriens vivant en Tunisie.
Près de 290 Ivoiriens ont été rapatriés jeudi de la Tunisie, où de nombreux migrants originaires d’Afrique subsaharienne ne se sentent plus en sécurité après un discours du président Kais Saied pourfendant l’immigration clandestine.
Selon l’ambassadeur ivoirien à Tunis, Ibrahim Sy Savané, 287 personnes, dont 266 adultes et 21 bébés, ont été rapatriés vers Abidjan à bord d’un gros porteur affrété à la compagnie Ethiopian Airlines. Cela porte à 1.053 le nombre d’Ivoiriens rapatriés de Tunisie depuis le 4 mars, a précisé M. Savané à l’AFP. Ils font partie d’un groupe de 2.896 Ivoiriens à s’être inscrits auprès de l’ambassade pour être rapatriés.
“D’autres rotations de gros porteurs sont prévues” pour poursuivre les rapatriements, a affirmé à l’AFP l’ambassadeur ivoirien. “Je suis engagé dans une course contre la montre, pour éviter que d’autres personnes désespérées ne se jettent dans la Méditerranée avec de minces chances de survie”, a-t-il ajouté.
Le 21 février, le président Saied avait affirmé que la présence en Tunisie d’immigrés clandestins d’Afrique subsaharienne était source de “violence et de crimes” et visait à “changer la composition démographique” du pays. Les jours suivants, des migrants originaires d’Afrique ont fait état d’une recrudescence des agressions les visant et se sont précipités par centaines à leurs ambassades pour être rapatriés.
La communauté ivoirienne est, avec au moins 7.000 personnes selon les estimations, la plus importante d’Afrique subsaharienne en Tunisie, grâce à une exemption de visa à l’entrée. Un bon nombre des 21.000 ressortissants d’Afrique subsaharienne recensés officiellement en Tunisie, pour la plupart en situation irrégulière, avaient perdu du jour au lendemain leur travail –généralement informel– et leur logement, du fait de la campagne contre les clandestins.
La plupart des migrants africains arrivent en Tunisie pour tenter ensuite d’immigrer clandestinement par la mer vers l’Europe, certaines portions du littoral tunisien se trouvant à moins de 150 km de l’île italienne de Lampedusa. Au moins trois naufrages meurtriers de bateaux transportant des migrants, dont de nombreux Ivoiriens, ont été enregistrés au large de la Tunisie depuis début mars.

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