samedi, 13 avril 2024 15:46

Pour avoir offert le Saint Coran au leader du PAI Terra Ranka, l’imam Musa Quebe subit la colère du « Général »

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Guinée Bissau
Atlanticactu / Bafatà / Maimuna Djalò
En offrant un livre du Saint Coran à Domingo Simoes Pereira le leader du PAI Terra Ranka (ex PAIGC), Mussa Quebe le président de l’union nationale des Imams, maîtres et professeurs coraniques de Guinée Bissau, était loin d’imaginer qu’il allait subir les foudres du pouvoir du « Général » Umaru Embalò qui n’avait pas apprécié l’entrée en fanfare à Bissau de son principal adversaire.  Le guide musulman dénonce les persécutions et l’ingérence politique dans les affaires religieuses et, a saisi l’ONU pour dénoncer les dérives en cours dans son pays.
Le président du Conseil de l’Union nationale des imams, Mussa Quebe, a dénoncé « les persécutions ciblées faites par les pouvoirs publics de Guinée-Bissau » juste pour avoir offert le Coran à Domingos Simoes Pereira, leader du PAIGC.
Dans le message adressé à l’ONU, à l’Union Africaine et aux autres entités nationales et internationales à laquelle Atlanticactu.com a eu accès, le guide religieux musulman justifie les motifs de la persécution présumée.
« (… ), dans l’accomplissement de cette mission, en juin 2022, j’ai offert un Coran au citoyen, Professeur Docteur Domingos Simoes Pereira, à la demande des organisations que je dirige et, en tant qu’imam, il est de mon devoir de répandre la parole de Dieu à tout le monde, quelle que soit la religion du destinataire du message », a décrit Mussa Quebe dans la lettre datée du 14 mai de cette année.
Selon le chef religieux, « une entité, n’a pas aimé le geste, estimant qu’elle n’aurait pas pu offrir un Coran à un « infidèle et encore moins à l’adversaire politique de cette entité, ayant appelé et contraint l’un des dirigeants de l’Union Nationale des Imams de Guinée-Bissau à démissionner des fonctions de président du conseil des impôts, et me suspend du statut de partenaire », a-t-il écrit.
Dans la même lettre, Mussa Quebe a déclaré qu’il avait été la cible d’une tentative de répression contre un rassemblement à la mosquée Plack-II par un groupe se faisant appeler « milice ». 
« Comme si tout cela n’était pas suffisant, le 29/04/2023, je rencontrais des membres de l’association des parents, des maîtres coraniques, des professeurs et des imams à la mosquée de Plack-ll pour discuter de la vie quotidienne de l’organisation, quand nous avons été avertis que nous devions nous disperser, parce que, quelqu’un a ordonné l’envoi de « miliciens » armés pour violenter ceux qui sont présents à la réunion, car avait-on laissé entendre, que cette réunion avait pour seul but de faire des prières pour maudire le président de la République, a expliqué Quebe, soulignant d’autre part que « cette situation a créé une panique généralisée dans la groupe qui se réunissait et, depuis lors, personne n’ose assister aux réunions prévues, craignant que les « miliciens » n’envahissent la mosquée et battent les fidèles ».
Le leader musulman rappelle que « l’ingérence politique dans l’exercice du culte religieux n’est pas autorisée par notre Constitution de la République », mais dénonce que « dans le paysage politique actuel, marqué par des violations des droits fondamentaux des citoyens, nous avons assisté à des ingérences dans des affaires de nature religieuse, en utilisant divers aspects, de la contrainte, de l’intimidation même des coups dans les lieux de culte ».
Poursuivant, Mussa Quebe d’avertir,  « (… ) J’ai pris la liberté de vous informer [ONU], que j’ai sérieusement peur pour ma sécurité et celle de ma famille, en raison des persécutions venant des autorités publiques, si quelque chose devait m’arriver, le seul responsable sera l’État de Guinée-Bissau et son chef ».

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