Naufrage du Joola : Dix sept après, les victimes attendent le dernier voyage

Il y a tout juste dix-sept ans, le ferry qui reliait Dakar à la Casamance sombrait au large de la Gambie. Quelque 2 000 personnes périrent lors du naufrage.Le souvenir du « Joola », le « Titanic africain » est encore d’actualité surtout avec le non respect des engagements pris par l’Etat du Sénégal.

Jeudi 26 septembre 2002, 13 h 30. Plein à craquer, le Joola appareille de Ziguinchor, capitale de la Casamance, dans le sud du Sénégal. C’est la rentrée scolaire et universitaire, de nombreux élèves et étudiants doivent rejoindre Dakar. De plus, la rébellion casamançaise a multiplié les attaques au cours des derniers jours, rendant beaucoup moins sûre la route qui relie, via la Gambie, le sud et le nord du pays. Le bateau vient de reprendre du service, le 13 septembre, après une année d’immobilisation due à des avaries mécaniques. Il paraît moins dangereux, même si un seul des deux moteurs fonctionne et malgré la gîte, cette gîte qui colle au ferry depuis si longtemps. Et ce monde : officiellement 809 passagers et les 52 militaires de l’équipage pour une capacité de 580 personnes.

A Karabane, seule escale du voyage située à l’embouchure de la Casamance, aujourd’hui abandonnée faute de structure portuaire, les pirogues apportent, encore, de nouveaux passagers et de nouvelles marchandises. Il est 18 heures et le Joola quitte l’île de Karabane, sous les grains, avec à son bord officiellement 1 046 passagers munis de billets. Mais c’est sans compter les enfants de moins de 5 ans qui voyagent gratuitement, comme les membres des familles des militaires et leurs amis, et les resquilleurs de tout poil.

La dernière vacation radio du Joola a lieu à 22 heures. Rien à signaler. Vers 23 heures, à une quarantaine de milles des côtes de la Gambie (75 km), la pluie et les bourrasques de vent redoublent. Les passagers des ponts veulent s’abriter et se précipitent, nombreux, sur bâbord. En quelques minutes, le bateau, qui porte le nom d’une grande ethnie du sud du pays, les Diolas (phonétiquement proche de « joola »), va se retourner. Peu de passagers survivront. Les plus chanceux sont ceux des ponts ; les autres demeurent coincés dans la coque, leur linceul de métal. Rares sont ceux qui parviennent à se hisser sur la coque retournée ou à monter sur le seul canot de sauvetage disponible.

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