Sénégal
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La digitalisation des centres d’état civil au Sénégal affiche désormais un taux de réalisation de 77 %, selon le directeur général de l’Agence nationale de l’état civil (ANEC), Matar Ndao. Il a fait état des avancées enregistrées dans la modernisation du système, tout en mettant en lumière les défis persistants en matière d’archivage et de lutte contre la fraude documentaire.
« Dans le chantier de la digitalisation, on peut dire aujourd’hui qu’on est à 77 % d’avancement », a déclaré Matar Ndao jeudi, en marge d’une activité culturelle organisée par l’association Kékendo, dont il est le parrain.
D’après l’APS, cette digitalisation permet désormais aux citoyens d’effectuer à distance certaines démarches administratives liées à l’état civil. Matar Ndao a notamment évoqué la mise en service d’une plateforme permettant aux Sénégalais, y compris ceux résidant à Mbour, de solliciter en ligne des actes de naissance et de mariage, ainsi que des documents liés à la filiation.
Si des progrès importants ont été réalisés, plusieurs difficultés demeurent, notamment en matière d’archivage et de prévention de la fraude documentaire. Pour le directeur général de l’ANEC, la sécurisation de l’état civil reste ainsi un enjeu essentiel, celui-ci représentant « l’identité juridique de tout Sénégalais ».
À titre d’exemple, Matar Ndao a évoqué le cas récent d’un Sénégalais décédé en France, dont le rapatriement de la dépouille avait connu un retard en raison d’incohérences constatées dans ses documents d’état civil. Selon lui, la situation a finalement pu être régularisée.
Dans le cadre des efforts engagés contre la fraude documentaire, le directeur général de l’ANEC a également annoncé sa volonté de renforcer la coopération avec l’association Kékendo. Il envisage notamment la conclusion d’un partenariat ou d’une convention afin de développer des actions de sensibilisation et de prévention contre les irrégularités liées aux documents d’état civil.
Matar Ndao est également revenu sur les raisons qui l’ont conduit à parrainer les « 72 heures de Kékendo », en mettant en avant le lien entre identité juridique et identité culturelle. « Je pense que l’identité colle très bien avec la culture », a-t-il déclaré, faisant notamment allusion aux relations entre les cultures mandingue et sérère.
Le directeur général de l’ANEC a, par ailleurs, rendu hommage au guide de l’association Kékendo, Baye Cissé, tout en réaffirmant la disponibilité de l’Agence à soutenir les initiatives portées par l’association. Il a notamment souligné les besoins d’assistance et d’accompagnement auxquels celle-ci peut être confrontée.
Selon Matar Ndao, le guide de Kékendo pourrait également jouer un rôle dans les activités de sensibilisation et de formation envisagées dans le cadre de la collaboration avec l’ANEC. Il a enfin appelé à des prières pour la réussite de la mission de l’Agence et pour la paix au Sénégal, estimant que la stabilité demeure indispensable à la mise en œuvre des différents chantiers engagés.
