jeudi, 26 mars 2026 07:26

Litige frontalier : L’armée malienne fait une incursion et  » récupère » six villages mauritaniens

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Mauritanie
Atlanticactu/ Bamako/ Nouakchott/ Youssef Zyne
Avec ces mouvements de troupes de par et d’autres de la frontière depuis que Bamako a accusé Nouakchott d’avoir kidnappé deux soldats, on assiste à une escalade inquiétants entre les deux voisins. Les militaires maliens ont pris possession de 6 villages mauritaniens considérés comme étant une partie intégrante de leur territoire.
L’armée malienne est entrée ce mercredi 25 mars 2026 dans six villages mauritaniens de la commune de Kouki, dans la région de Kobeni, informant les habitants que les terres sur lesquelles se trouvent ces localités appartiendraient au Mali, selon des sources locales mauritaniennes.
Le maire de Kouki a confirmé ces incursions dans une déclaration à Alakhbar, précisant qu’aucun incident mortel ni blessure n’avait été enregistré.
« Ces villages sont officiellement mauritaniens et habités par nos citoyens. Ils disposent d’écoles et de bureaux de vote lors des élections », a souligné le maire, rappelant qu’une mission du ministère de l’Intérieur en 2014 avait relevé un chevauchement des territoires, mais que toutes les données actuelles confirment leur appartenance à la Mauritanie.
Selon un député mauritanien, une unité malienne s’est rendue ce mercredi matin dans le village frontalier de Qat al-Dafou, où elle a tenté de retirer le drapeau mauritanien, avant d’être empêchée par les habitants. Les soldats se sont ensuite retirés vers les villages de Foussa et Ehl Brahim. Le parlementaire précise que les autorités mauritaniennes suivent de près la situation, tandis que l’armée nationale se déploie le long de la frontière pour prévenir toute escalade.
Cette incursion survient dans un contexte de tension chronique entre les deux pays. Début mars 2026, la fuite de deux soldats maliens depuis le camp de Mberra avait provoqué des accusations des autorités maliennes contre la Mauritanie, aussitôt rejetées par Nouakchott comme « infondées ».
Par ailleurs, la sécurité des populations locales reste fragile : deux éleveurs mauritaniens originaires de la commune de Bagdad (région du Hodh el Gharbi) ont été tués le 20 mars 2026 dans le village malien de Yakna, à seulement 12 km de la frontière. Ils avaient été arrêtés avec un ressortissant malien par une force armée locale et retrouvés morts peu après.
La Mauritanie a officiellement condamné ce meurtre. Le ministère de l’Intérieur a publié un communiqué interdisant aux Mauritaniens de se rendre sur le territoire malien, rappelant que la zone frontalière est extrêmement dangereuse. Des campagnes de sensibilisation ont été lancées auprès des éleveurs pour les inciter à éviter ces secteurs et à respecter strictement les consignes de sécurité.
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