La loi de finances rectificative (LFR) 2026 suscite de nombreuses réactions. Outre le blocage du texte à l’Assemblée nationale par le groupe parlementaire de PASTEF, son examen a permis de relever la suppression de plusieurs projets structurants.
C’est Khadim Bamba Fall, responsable de PASTEF et ancien coordonnateur des Bureaux d’appui à l’orientation et au suivi (BAOS), qui a tiré la sonnette d’alarme. Dans une publication sur ses réseaux sociaux, M. Fall a dressé une liste de projets qui, selon lui, ont été supprimés dans le cadre de la LFR 2026.
Parmi les initiatives concernées figurent notamment la construction de 35 centres de santé, la réalisation de 30 000 logements, le grand transfert d’eau vers Touba, l’acquisition de deux avions, le Programme d’urgence de modernisation des axes et territoires frontaliers (PUMA), ainsi que l’achèvement de la route Mékhé-Pékéss-Thilmakha.
La liste comprend également plusieurs projets agricoles et industriels, dont les agropoles Centre et Sud, les coopératives agricoles communautaires, le renouvellement des installations de la Sonacos et le développement industriel des filières arachidière, du mil, du fonio, du sorgho, ainsi que des fruits et légumes.
Dans les secteurs de l’éducation et de l’énergie, l’ancien coordonnateur des BAOS cite notamment la construction de l’Université du Sénégal oriental, l’électrification rurale, la réalisation d’un centre universitaire délocalisé de l’UASZ à Kolda, la construction de 200 salles de classe dans les collèges d’enseignement moyen (CEM) et celle de six lycées départementaux. Il évoque également un projet de renforcement de la distribution d’eau potable.
« Du jamais vu », s’indigne Khadim Bamba Fall, qui remet en question les choix budgétaires du gouvernement. Il dénonce notamment le recours à des financements de la Banque mondiale non encore décaissés, initialement destinés à des dépenses d’investissement, pour financer les bourses de sécurité familiale, qu’il assimile à des dépenses de consommation.
Le responsable de PASTEF s’interroge également sur la destination des ressources mobilisées dans le cadre du Plan de redressement économique et social (PRES). « Où sont passés les 312 milliards de FCFA mobilisés par le PRES ? », questionne-t-il.
Khadim Bamba Fall annonce enfin qu’il reviendra plus en détail sur l’importance de quatre projets financés par la Banque mondiale, qu’il estime sacrifiés au profit des bourses de sécurité familiale : le SENRM, le PAMUS, le PROGEP II et ESPOIR-JEUNES.