mercredi, 14 octobre 2026 11:47

Horta N’Tam contre le réseau Embalo : la guerre des positions avant la présidentielle

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Guinée-Bissau

Altanticactu/ Élection présidentielle/ Horta N’tam/ Umaro Sissoco Embalo/ Serigne Ndong

À deux mois de l’élection présidentielle prévue le 6 décembre, le général Horta N’Tam entreprend de débarrasser les instances de la transition des derniers représentants du réseau d’Umaro Sissoco Embalo. Loin d’être un simple réajustement administratif, cette vague de limogeages semble surtout traduire une volonté de renforcer son emprise sur le pouvoir.

Ce que révèle le rapport de force

Dès décembre 2025, plusieurs ministres civils et membres du Conseil national de transition (CNT), demeurés loyaux à Umaro Sissoco Embalo, avaient suffisamment pesé dans les décisions pour obtenir le report d’une allocution télévisée du général N’Tam consacrée à la feuille de route de la CEDEAO. Leur influence faisait d’eux un véritable contre-pouvoir au sein même de l’appareil de transition. Leur éviction apparaît donc comme une manière de reprendre le contrôle des décisions et du calendrier politique.

Le message envoyé à Embalo est clair : sa candidature reste envisageable, mais il ne pourra plus s’appuyer sur des relais influents au sein de l’État. Empêché de revenir à Bissau, l’ancien président est désormais contraint de mener sa campagne depuis l’exil.

Le calendrier de ces évictions est également révélateur. À l’approche du scrutin, le contrôle des ministères, de l’administration électorale et des forces de sécurité constitue un levier déterminant pour peser sur le déroulement du processus électoral et, potentiellement, sur son issue.

Rupture politique ou verrouillage du pouvoir : le peuple toujours tenu à l’écart

Depuis le coup d’État de novembre 2025, des soupçons persistent quant à l’existence d’une mise en scène concertée entre Umaro Sissoco Embalo et le haut commandement militaire. Si cette hypothèse se confirmait, les récents limogeages pourraient marquer la rupture entre d’anciens alliés désormais engagés dans une lutte pour le contrôle du pouvoir. À l’inverse, si ces soupçons ne sont pas fondés, ces évictions pourraient simplement illustrer la volonté classique d’une junte militaire de consolider son autorité et de neutraliser toute opposition interne.

Quelle que soit l’interprétation retenue, une même réalité demeure : la population bissau-guinéenne reste largement exclue des décisions qui déterminent son avenir politique. Dans ces conditions, l’élection du 6 décembre suscite des interrogations quant à la sincérité de la compétition électorale et fait craindre une issue largement déterminée en amont du scrutin.

Les trois points à surveiller

  • Une éventuelle candidature de Horta N’Tam ou d’un de ses proches : une telle décision soulèverait des questions sur le respect des engagements pris dans le cadre de la transition et sur la neutralité des autorités militaires.
  • La réaction de la CEDEAO et de l’Union africaine : les organisations régionales et continentales opteront-elles pour des sanctions afin de défendre l’ordre constitutionnel, ou privilégieront-elles un compromis politique ?
  • Le sort juridique de la candidature d’Umaro Sissoco Embalo : la Cour suprême validera-t-elle sa candidature ou décidera-t-elle de la rejeter, avec des conséquences potentiellement majeures sur le paysage électoral ?

Au-delà des rivalités entre les différents acteurs, l’enjeu central reste celui de la crédibilité de la transition et de la capacité du peuple bissau-guinéen à choisir librement ses dirigeants. Sans garanties d’indépendance du processus électoral, le scrutin du 6 décembre risque de consacrer davantage un rapport de force politique qu’une véritable expression de la volonté populaire.

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