Sénégal
Atlanticactu/ Prix des carburants/ Essence/ Serigne Ndong
Les prix du carburant ont augmenté depuis le samedi 15 août 2026. L’essence est passée de 920 à 990 F, tandis que le super est passé de 680 à 755 F, soit des hausses respectives de 70 F et 75 F. Cette nouvelle augmentation suscite des inquiétudes quant à un éventuel effet domino dans plusieurs secteurs, notamment la boulangerie, l’industrie et le transport.
Pourtant, cette crainte pourrait être relativisée. Avant cette récente hausse, les deux produits avaient enregistré une baisse qui n’avait été répercutée sur les consommateurs par aucun de ces secteurs, alors même que certains acteurs auraient pu le faire.
Dès l’annonce de la baisse, le 6 décembre 2025, l’AFTU avait réagi pour saluer la mesure et annoncer une révision à la baisse de ses tarifs. « AFTU a le plaisir d’annoncer le retour prochain de la sous-section à 100 francs sur toutes nos lignes », déclarait sur RFM Mohamed Ndoye. « Nous savons que ce tarif est attendu, donc nous nous engageons à le rétablir pour offrir un service toujours plus abordable », ajoutait-il. De quoi nourrir l’espoir d’une baisse effective dans les semaines suivantes, au plus tard dans le mois.
Mais depuis cette annonce, c’est le silence. La mesure promise n’a finalement jamais été appliquée. AFTU n’a donc pas donné suite à son engagement.
Dans une chronique publiée le 16 février dernier, Seneweb s’était déjà étonné de ce silence et s’interrogeait sur une éventuelle protection dont l’association aurait pu bénéficier du côté de l’État, notamment du ministère des Transports. Malgré cela, aucune mobilisation significative n’a été enregistrée pour réclamer la baisse annoncée. Les autres acteurs du transport n’ont pas davantage bougé.
En définitive, le secteur du transport semble avoir privilégié la préservation de ses marges plutôt qu’une redistribution des économies réalisées au profit des usagers. Le constat est similaire dans la boulangerie, où Amadou Gaye intervient régulièrement pour alerter sur les difficultés du secteur. Une situation qui rappelle, à certains égards, celle de la presse, où les patrons de médias multiplient les alertes sur les difficultés financières sans pour autant cesser leurs activités.
Pourtant, ces mêmes acteurs n’hésitent pas à invoquer la moindre hausse ou perturbation pour revoir leurs tarifs à la hausse. Dans le transport, un simple incident peut ainsi servir de justification. Il suffit qu’un petit tronçon, habituellement facturé à moins de 100 F, soit rendu difficilement praticable par les pluies pour que les cars rapides ou les clandos réclament 150, voire 200 F. Et une fois l’hivernage terminé, le tarif provisoire finit souvent par devenir permanent, même lorsque la route a retrouvé un état impeccable.
Convoyer une enveloppe à 2 000 F
Pendant la pandémie de Covid-19, la réduction du nombre de passagers autorisés et l’interdiction d’utiliser les porte-bagages avaient servi de justification à une hausse des tarifs du transport interurbain. Aujourd’hui, les restrictions ont disparu et les pratiques autrefois interdites ont repris, mais les anciens tarifs, eux, ne sont jamais revenus.
Même l’envoi d’une simple enveloppe à Dakar illustre cette situation. Les habitants de Kaffrine doivent désormais débourser 2 000 F, contre 1 000 F avant la Covid.
Dans ces conditions, les transporteurs pourraient parfaitement annoncer une nouvelle hausse dans les prochains jours. Certes, dans L’Observateur, Gora Khouma se montre catégorique en affirmant que « le tarif du transport ne doit pas augmenter ». Une déclaration qui ne doit toutefois pas conduire à baisser la garde. D’autres acteurs du secteur pourraient rapidement lui répondre et tenter de justifier une augmentation.
Il faut également rappeler que les prix actuels du carburant ont simplement été ramenés à leur niveau d’avant décembre dernier. Cet argument devrait, à lui seul, suffire à relativiser toute tentative de hausse des tarifs. Mais avec le secteur du transport, la prudence reste de mise : mieux vaut donc le surveiller de très près.
