Sénégal
Atlanticactu/ Koussan/ Tambacounda/ Frontière Mali/ Serigne Saliou
Une forte tension a éclaté le 15 juin 2026 dans la localité de Koussan, située dans la région de Tambacounda (est du Sénégal), à la suite de l’intervention de gendarmes venus appliquer une mesure administrative d’expulsion visant plusieurs familles sénégalaises d’origine malienne.
D’après les informations de la Rfm, les forces de sécurité auraient été déployées afin de reconduire ces habitants vers la frontière. « La situation qui prévaut à Koussan est inquiétante. Des Sénégalaises d’origine, après une longue saison au Mali, sont rentrées. Malheureusement, le préfet leur a demandé de quitter et de retourner alors qu’ils sont nés ici. Après plusieurs jours de négociations, ils ont regagné leur domicile. A notre surprise, les gendarmes à bord de leur véhicule sont venus les chercher ce matin, 15 juin, pour les ramener à la frontière », a déclaré Absa Diaby, porte-parole des familles.
Selon elle, cette intervention a immédiatement déclenché la colère et l’indignation des populations concernées. « Ce qui a suscité la colère des habitants, qui ont commencé à lancer des billets aux gendarmes », a-t-elle affirmé.
Face à la montée des tensions, les populations appellent à une réaction rapide des autorités, en particulier du président Bassirou Diomaye Faye, afin d’éviter « que le pire ne se produise ».
Le président du conseil départemental dénonce une « décision illégale »
Le président du conseil départemental de Goudiry, Djimbo Souaré, a vivement réagi en condamnant cette mesure qu’il juge « d’illégale et contraire aux principes d’un État de droit ». Il affirme avoir été saisi par des chefs de village au sujet d’une opération visant environ une cinquantaine de personnes, en majorité des enfants, installées dans la zone après leur retour du Mali.
D’après ses explications, ces individus seraient des Sénégalais ayant passé plusieurs années au Mali avant de revenir s’installer dans leurs villages d’origine, avec l’appui des communautés locales et de certaines autorités administratives. Il précise qu’après une première phase de retour et de réinstallation, ces familles avaient été intégrées dans leurs localités depuis plusieurs mois.
L’élu local déplore également l’absence de notification préalable avant la relance de la procédure d’expulsion. Il soutient que la décision serait intervenue « du jour au lendemain », sans véritable concertation avec les autorités locales ni prise en compte de la situation réelle des familles concernées.
