lundi, 7 septembre 2026 11:33

Faux billets, contrebande et arme illégale : L’éleveur de Ladoum Ch. I. Niass jugé après plus de deux ans de détention

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Atlanticactu/ Association de malfaiteurs/ Marabout/ Faux-monnayage/ Serigne Ndong

En détention provisoire depuis le 23 janvier 2024, Ch. Oumar, plus connu sous le nom de Ch. I. Niass, a comparu devant le tribunal pour répondre de plusieurs chefs d’accusation, notamment association de malfaiteurs, faux-monnayage, contrebande et détention illégale d’arme. Présenté comme un éleveur, marié à quatre femmes et père de 17 enfants, et proche d’une famille religieuse de Kaolack, il encourt une peine de cinq ans de prison ferme.

Selon le procès-verbal consulté par L’Observateur, l’affaire a débuté à la suite d’une opération d’infiltration menée par les Douanes. Des agents auraient pris contact avec le prévenu en lui passant une commande de faux billets d’une valeur de 300 millions de francs CFA. Au cours de leurs échanges, le présumé faussaire aurait affirmé être en mesure de leur fournir plus de deux milliards de francs CFA. Une perquisition effectuée à son domicile a ensuite permis de découvrir une mallette contenant près d’un milliard de francs CFA en faux billets.

À la barre, Ch. I. Niass a cependant attribué la mallette à El H. A. Ndao, présenté comme étant en fuite. D’après les déclarations rapportées par le journal, il aurait dans un premier temps affirmé aux enquêteurs que ce dernier disposait de pouvoirs mystiques lui permettant de faire apparaître d’importantes sommes en euros et en dollars, notamment en contrepartie de l’achat d’un parfum coûtant 3 millions de francs CFA. Devant les juges, le prévenu est revenu sur ces déclarations, affirmant ne jamais avoir tenu de tels propos.

Le dossier comporte également un volet concernant la détention d’une arme sans autorisation. Ch. I. Niass a reconnu les faits, expliquant qu’on lui avait présenté l’arme comme étant factice et qu’il la gardait pour assurer la protection de son élevage de moutons Ladoum. Le parquet estime toutefois que l’absence d’autorisation administrative suffit à établir l’infraction.

Visiblement affaibli et se déplaçant avec une béquille, l’accusé a également évoqué les lourdes conséquences de son incarcération sur sa vie personnelle. Il a notamment fait état de deux interventions chirurgicales, de la perte de son cheptel composé d’une centaine de moutons, du départ de ses épouses et de l’éclatement de sa famille. « Deux ans et sept mois de prison ont détruit ma vie », a-t-il déclaré, avant de demander la clémence du tribunal.

Une demande qui n’a pas convaincu le ministère public. Selon L’Observateur, le procureur a requis la condamnation du prévenu pour l’ensemble des faits qui lui sont reprochés. La réquisition a provoqué les larmes de plusieurs proches présents dans la salle d’audience.

De son côté, la défense conteste notamment le chef d’association de malfaiteurs et sollicite l’audition de personnes présentées comme étant en fuite. Elle n’a toutefois pas obtenu la mise en liberté provisoire de son client. Le tribunal a mis l’affaire en délibéré au 8 septembre.

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