Sénégal
Atlanticactu/ Dakar/ Serigne Ndong
Le gouvernement sénégalais a dévoilé les grandes lignes de son plan économique et social à long terme, fondé sur le document prospectif « Vision 2050 ». Ce programme structuré en trois phases vise à redresser l’économie, impulser la transformation du pays et accélérer son développement dans un cadre de gouvernance renouvelé.
Un plan issu d’une réflexion stratégique
Contrairement à une initiative improvisée, le plan présenté par les autorités sénégalaises s’inscrit dans une démarche planifiée et cohérente. Il repose sur un document stratégique baptisé Vision 2050, élaboré en amont pour structurer les étapes de transformation du pays sur le long terme.
Cette vision repose sur trois phases clés :
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La phase de redressement, prévue sur trois ans, vise à poser les premières bases de la transformation, à mobiliser les citoyens autour de la vision et à obtenir les premiers résultats.
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La phase d’impulsion consistera à mettre en œuvre l’ensemble des stratégies de transformation.
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Enfin, la phase d’accélération permettra de dynamiser la croissance économique et sociale, avec des effets tangibles attendus d’ici 2050.
Ces phases ne sont pas cloisonnées. Elles se chevauchent et interagissent. Par exemple, la phase d’impulsion démarre avant même la fin de la phase de redressement, témoignant d’un enchaînement fluide des actions.
Des réformes structurelles déjà engagées
Depuis le début du mandat présidentiel en 2024, plusieurs réformes ont été initiées, marquant le démarrage effectif de la phase de redressement. La convocation du pouvoir judiciaire, les concertations politiques, les États généraux sectoriels dans l’industrie, l’hydraulique ou les transports illustrent la volonté de refonder les bases du développement.
Parmi les chantiers majeurs :
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La réforme de la justice,
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La réforme territoriale et administrative,
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La décentralisation,
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Et des réformes techniques, notamment dans le domaine du numérique, avec la mise en place d’un identifiant numérique unique.
Priorité à la gouvernance et à l’assainissement économique
Le gouvernement place également la bonne gouvernance et la responsabilisation au cœur de sa stratégie. Des mesures fortes ont été prises, notamment l’adoption d’un paquet de lois sur la réforme du FNAC, l’accès à l’information et la déclaration de patrimoine.
Cette démarche de réforme s’inscrit dans une volonté claire de rompre avec l’ancien système. Il s’agit de remplacer un modèle hérité par un nouveau système basé sur des règles, des comportements et des institutions efficaces.
Un héritage économique lourd, mais assumé
L’adoption de ce plan économique et social s’explique aussi par l’héritage budgétaire difficile laissé par le régime précédent. Durant son passage dans l’opposition, l’actuel pouvoir avait déjà alerté sur l’ampleur des défis à venir.
Les audits réalisés par l’Inspection générale des finances, la Cour des comptes et le cabinet Forviz Mazars ont révélé une situation préoccupante :
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Un déficit budgétaire estimé à 14 %,
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Et une dette publique atteignant 119 % du PIB.
