Sénégal
Atlanticactu/ AEER Power EPC/ Jean-Michel Sène/ ASER/ Serigne Ndong
L’affaire des 37 milliards de francs CFA destinés au projet d’électrification rurale confié à l’entreprise espagnole AEE Power EPC connaît un nouvel épisode. À la suite des récentes déclarations de Jean-Michel Sène, ancien Directeur général de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER), le Collectif Sunu 37 milliards est sorti de son silence. L’organisation dénonce ce qu’elle considère comme une « posture de défenseur » adoptée par l’ancien patron de l’ASER à l’égard du dirigeant de la société espagnole, “José”. Dans le même temps, elle réclame l’activation immédiate d’une garantie bancaire de 40 milliards de francs CFA.
Le Collectif considère que les récentes interventions médiatiques de Jean-Michel Sène au sujet de la procédure judiciaire ouverte en Espagne renforcent davantage les interrogations autour de ce dossier. Alors que d’importantes sommes ont été mobilisées sans que les réalisations annoncées en matière d’électrification rurale soient concrètement constatées sur le terrain, l’organisation s’interroge sur la position défendue par l’ancien responsable de l’ASER.
« Pourquoi Jean-Michel Sène prend-il systématiquement la défense de José, alors même que ce dernier se trouve en conflit avec l’État du Sénégal ? », s’interroge le Collectif, qui relève ce qu’il considère comme une proximité troublante dans les prises de position de l’ancien dirigeant public en faveur de l’entrepreneur espagnol.
Mais au-delà de cette controverse, les échanges récents ont également mis en lumière un élément jugé déterminant par l’organisation : l’existence d’un fonds de garantie bancaire de 40 milliards de francs CFA.
Face à cette révélation, le Collectif Sunu 37 milliards appelle les autorités sénégalaises à prendre leurs responsabilités sans plus attendre. Il invite l’État à engager les démarches nécessaires pour obtenir la mobilisation effective de cette garantie, afin de permettre le financement et l’achèvement des infrastructures promises aux populations rurales, toujours dans l’attente de la concrétisation du projet.
Revenant sur les qualifications pénales évoquées dans le cadre de la procédure, notamment le détournement de deniers publics, l’association de malfaiteurs ainsi que le faux et l’usage de faux en écriture publique, le Collectif estime que les déclarations de Jean-Michel Sène apportent de nouveaux éléments susceptibles de revêtir une importance majeure dans la manifestation de la vérité.
Désormais, l’organisation attend du Pôle judiciaire et financier (PJF) qu’il poursuive ses investigations jusqu’à leur terme. À ce titre, elle formule plusieurs exigences à l’endroit de la justice :
- Auditionner toutes les personnes susceptibles d’apporter des éclaircissements sur cette affaire, notamment Jean-Michel Sène et le sieur “José” ;
- Retracer avec précision l’ensemble des mouvements financiers afin d’établir la destination réelle des 37 milliards de francs CFA ;
- Déterminer les responsabilités des différents acteurs dans la non-exécution des engagements contractuels liés au projet.
