lundi, 28 septembre 2026 11:48

Décentralisation : Plus de 12 milliards FCFA investis à Diourbel, le PACASEN affiche ses résultats

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Sénégal

Atlanticactu/ PACASEN/ Décentralisation/ Diourbel/ Serigne Ndong

Alors que la réflexion autour de l’Acte IV de la décentralisation s’intensifie, les résultats enregistrés dans le cadre du Programme d’Appui aux Communes et Agglomérations du Sénégal (PACASEN) revêtent une importance particulière. Les nombreuses innovations introduites par le programme sont en effet susceptibles d’infléchir positivement la trajectoire des collectivités territoriales. À travers son approche axée sur la performance, la gouvernance et l’investissement local, le PACASEN apparaît ainsi comme une expérience à la fois inspirante et porteuse de transformations durables.

C’est dans cette perspective que s’est tenu, le 24 septembre 2026 à Diourbel, un atelier régional de capitalisation consacré aux résultats du programme. Présidée par le Gouverneur de la région, la rencontre a réuni le Secrétaire général de l’Agence de Développement municipal (ADM), les préfets, les maires des collectivités concernées ainsi que plusieurs acteurs du développement territorial. L’objectif était de faire le bilan des réalisations, de partager les enseignements tirés de la mise en œuvre du programme et d’identifier les leviers permettant de consolider les acquis de la décentralisation.

Une approche fondée sur la performance et un important soutien financier

Lancé en 2018 avec l’appui de la Banque mondiale et de l’Agence française de développement (AFD), sous le leadership de l’État du Sénégal, le PACASEN a contribué à créer un environnement favorable à la mise en œuvre des réformes dans les domaines de la décentralisation et du développement territorial.

Sous la tutelle technique du ministère chargé de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires, le programme a notamment encouragé les collectivités à améliorer leur gestion en liant une partie des financements à l’atteinte d’objectifs de performance.

Dans la région de Diourbel, ce dispositif bénéficie directement à plus de 1,4 million d’habitants répartis entre les communes de Diourbel, Mbacké, Bambey et Touba Mosquée. Sur les plans administratif et financier, la région affiche des résultats particulièrement satisfaisants. Les quatre communes ont rempli les conditions minimales obligatoires et dépassé les seuils de performance qui leur étaient fixés.

Entre 2019 et 2025, une enveloppe prévisionnelle de 15,25 milliards de FCFA était destinée aux collectivités concernées. Au total, 12,28 milliards de FCFA ont effectivement été transférés. Compte tenu de son poids démographique, la commune de Touba Mosquée a bénéficié de plus de 8 milliards de FCFA. Diourbel a reçu 2,46 milliards, Mbacké 1,26 milliard et Bambey 529 millions de FCFA.

Plus de 80 projets pour améliorer le cadre de vie

La mobilisation de ces ressources a permis de financer plus de 80 projets répondant aux priorités identifiées par les populations dans le cadre des processus locaux de planification des investissements.

Près de la moitié de ces réalisations concerne des secteurs sociaux essentiels, notamment l’accès à l’eau, la santé et l’éducation. Sur le terrain, les investissements se sont traduits par la construction de plus d’une trentaine d’écoles et de plus d’une centaine de salles de classe, la réalisation de plusieurs kilomètres de réseaux d’eau et d’électricité ainsi que l’aménagement d’une dizaine de kilomètres de routes revêtues.

L’impact du PACASEN ne se limite toutefois pas aux infrastructures. Le programme a également contribué à moderniser la gouvernance et la gestion des finances locales. Les services du Trésor et de la Direction générale des Impôts et des Domaines (DGID) ont notamment bénéficié d’appuis destinés à accompagner les collectivités territoriales dans leur processus de modernisation.

Des mécanismes de gestion des plaintes ont par ailleurs été mis en place, avec la désignation de points focaux dans chaque commune, afin de renforcer l’écoute et la prise en compte des préoccupations des citoyens.

De nouvelles pratiques fondées sur la redevabilité, la participation citoyenne ainsi que l’intégration des enjeux environnementaux et climatiques sont également progressivement entrées dans les modes de gestion des collectivités territoriales.

Des défis persistants et la perspective d’une deuxième phase

Malgré ces résultats encourageants, l’atelier a également permis de mettre en lumière plusieurs difficultés qui continuent de freiner l’efficacité de l’action locale. Les participants ont notamment évoqué les retards enregistrés dans certains transferts de fonds, la complexité des procédures de passation des marchés publics et l’insuffisance des ressources consacrées à l’entretien et à la maintenance des infrastructures réalisées.

Pour répondre à ces contraintes, les acteurs recommandent notamment une digitalisation accrue des outils de gestion, un renforcement des dispositifs de suivi ainsi qu’une meilleure anticipation des procédures administratives et financières.

Au terme des échanges, élus locaux, populations et représentants des institutions ont unanimement souligné les effets concrets des investissements du PACASEN sur l’amélioration du cadre de vie et le renforcement de la gouvernance locale.

Forts de ces acquis et des enseignements tirés de l’expérience, les participants ont exprimé le souhait de voir le Gouvernement engager rapidement une deuxième phase du PACASEN. Celle-ci permettrait de consolider les acquis institutionnels, de corriger les insuffisances relevées et de poursuivre les efforts engagés en faveur d’un développement territorial plus efficace, inclusif et durable.

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