jeudi, 22 janvier 2026 07:22

Coup d’état folklorique : Fernando Dias Da Costa sert une sommation à la société pétrolière américaine Chevron interdisant tout paiement aux putschistes

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Guinée Bissau
Atlanticactu/ Bissau/ Cheikh Saadbou Diarra
Malgré une victoire écrasante au premier touf contre le président sortant Umaro Sissoco Embalo,  le vainqueur de la dernière présidentielle vit réfugié au niveau de l’ambassade du Nigéria à Bissau.  Mais cela n’empêche Fernando Dias Da Costa de piser des actes contre les militaires qui ont confisqué sa victoire.  C’est ainsi que sur son ordre, ses avocats dont Me Said Larifou ont servi une sommation à la société pétrolière américaine CHEVRON.
Fernando Dias da Costa, président démocratiquement élu de la Guinée-Bissau, a mis en demeure la compagnie américaine Chevron de suspendre tout paiement aux autorités issues du coup d’État. Il dénonce une rupture de l’ordre constitutionnel et évoque des risques juridiques et pénaux, y compris devant les tribunaux américains. Une action judiciaire est annoncée si le paiement prévu le 8 janvier n’est pas gelé.
Adressée au siège de Chevron à Houston, au Texas, la lettre invoque une rupture grave de l’ordre constitutionnel, consécutive à un coup d’État militaire intervenu, selon son auteur, à la veille de la proclamation officielle des résultats de la dernière élection présidentielle. Fernando Dias da Costa affirme tirer sa légitimité du suffrage populaire et conteste toute capacité juridique aux autorités issues de ce qu’il qualifie de « pouvoir de fait ».
Dans ce document signé par son avocat Me Saïd Larifou, il exige la suspension immédiate du paiement prévu le 8 janvier 2026 dans le cadre du contrat liant Chevron à l’État bissau-guinéen, ainsi que l’arrêt de tout versement futur vers des comptes qu’il estime contrôlés par les auteurs du coup d’État. Selon lui, tout engagement financier au profit de ce régime serait juridiquement nul et dépourvu de valeur contraignante au regard de la Constitution du pays.
L’argumentaire développé repose également sur le contexte international. Fernando Dias da Costa rappelle que l’Organisation des Nations unies, la CEDEAO et l’Union africaine auraient unanimement condamné le putsch et rompu leurs relations institutionnelles avec les nouvelles autorités. Dans ce cadre, il estime que le maintien de flux financiers vers le régime en place exposerait Chevron à une violation des principes du droit international.
Plus grave encore, la lettre évoque explicitement un risque pénal. Tout transfert de fonds vers les autorités actuelles pourrait, selon lui, être assimilé à un détournement de deniers publics. La responsabilité pénale de Chevron et de ses dirigeants pourrait ainsi être engagée, notamment devant les juridictions américaines, sur le fondement du Foreign Corrupt Practices Act (FCPA), qui sanctionne la corruption et le financement d’autorités illégitimes à l’étranger.
Sur le plan judiciaire, Fernando Dias da Costa indique avoir déjà instruit son avocat, Maître Saïd Larifou, d’engager une procédure devant les tribunaux compétents aux États-Unis, en particulier au Texas. L’objectif annoncé est d’obtenir une injonction d’urgence visant à suspendre les paiements et à geler les fonds destinés à l’État bissau-guinéen jusqu’au rétablissement de l’ordre constitutionnel.
Dans l’immédiat, Chevron est sommée de confirmer par écrit, dans un délai de 24 heures, que le paiement prévu a bien été suspendu et placé sur un compte séquestre, dans l’attente d’une résolution de la crise politique. À défaut, l’auteur de la lettre prévient que toutes les voies de droit seront utilisées pour, selon ses termes, « protéger le patrimoine du peuple bissau-guinéen ».
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