mardi, 13 octobre 2026 11:47

Conjonctivite à Dakar : le Dr Boubacar Sarr alerte sur les risques de contagion

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Atlanticactu/ Recrudescence des cas de conjonctivite/ Rougeurs oculaires/ Dr Boubacar Sarr/ Serigne Ndong

Dakar connaît une recrudescence des cas de conjonctivite. Rougeurs oculaires, larmoiements et irritations figurent parmi les symptômes observés chez les personnes touchées, tandis que la maladie se propage rapidement dans certains quartiers de la capitale. Particulièrement contagieuse lorsqu’elle est d’origine virale, cette affection nécessite le respect strict des règles d’hygiène et une prise en charge appropriée. Pour mieux comprendre cette situation, l’ophtalmologue Dr Boubacar Sarr apporte des éclairages sur les symptômes, les modes de transmission et les précautions à adopter pour prévenir les complications.

Au Sénégal, la conjonctivite, communément désignée sous le nom d’« Apollo », suscite de nouveau des inquiétudes sanitaires. Elle se manifeste notamment par une rougeur des yeux, des sécrétions et des sensations d’inconfort. Lorsque son origine est virale, elle peut se transmettre rapidement d’une personne à une autre.

Le Dr Boubacar Sarr définit la conjonctivite comme une inflammation aiguë de la conjonctive. « La conjonctive est une petite membrane translucide qui tapisse la partie blanche de l’œil et l’intérieur des paupières. Lorsqu’elle s’enflamme, cette membrane provoque une réaction inflammatoire à l’origine des principaux symptômes de la maladie », a expliqué le spécialiste.

Plusieurs facteurs peuvent être à l’origine de cette affection. D’après le Dr Sarr, la conjonctivite peut être infectieuse, notamment lorsqu’elle est causée par un virus ou une bactérie. Elle peut également être liée à une réaction allergique ou à une exposition à des substances chimiques, à la poussière ou à d’autres agents irritants. L’identification de son origine est donc essentielle, car les différentes formes de la maladie ne présentent pas toutes le même risque de contagion. « Ce qu’on observe actuellement à Dakar, ce sont souvent des virus. La chaleur et la forte hygrométrie (taux d’humidité de l’air) permettent vraiment le développement des virus », a-t-il précisé.

La conjonctivite virale est « hautement contagieuse ». Sa transmission se produit fréquemment par l’intermédiaire des mains ou d’objets contaminés. Une personne infectée peut, par exemple, déposer des sécrétions porteuses du virus sur ses doigts, un mouchoir ou une surface. Une autre personne risque alors de contracter l’infection en touchant l’objet ou la surface contaminée, puis en portant ses mains à ses yeux. « Il y a toujours quelque chose qui permet la transmission », a-t-il insisté.

À l’inverse, la conjonctivite allergique ne se transmet pas d’une personne à une autre. Elle est provoquée par une réaction propre à chaque individu face à un allergène et ne présente donc pas de risque de contagion.

Rougeurs, sécrétions et irritations : les symptômes à surveiller

Le spécialiste en ophtalmologie distingue plusieurs formes de conjonctivite, notamment les formes aiguë, membraneuse, sèche, papillaire et folliculaire. Celles-ci se différencient par leurs manifestations cliniques, qui peuvent se traduire par une apparition rapide des symptômes, la formation de membranes ou encore la présence de petites excroissances à l’intérieur des paupières.

Parmi les principaux signes de la maladie figurent la rougeur des yeux, les larmoiements, les sécrétions, la sensation de sable dans les yeux et la photophobie, c’est-à-dire une sensibilité excessive à la lumière. Le Dr Boubacar Sarr met toutefois en garde contre un symptôme qui doit particulièrement alerter : la diminution de l’acuité visuelle. « Quand on a une conjonctivite, la vision est toujours conservée. Quand la vision change, c’est autre chose. Il peut s’agir d’une complication ou d’une autre affection oculaire qui nécessite un examen médical rapide », a-t-il souligné.

Selon le spécialiste, la conjonctivite évolue généralement favorablement et peut disparaître en cinq jours au maximum sans laisser de séquelles. Cependant, certaines formes sévères peuvent entraîner des saignements, appelés suffusions hémorragiques. La complication la plus préoccupante reste l’atteinte de la cornée, susceptible d’altérer la vision lorsqu’elle n’est pas prise en charge rapidement.

Le lavage des mains, un réflexe essentiel pour prévenir la maladie

Face à la propagation de la conjonctivite, le respect des règles d’hygiène constitue un moyen essentiel de limiter les contaminations. Le Dr Boubacar Sarr recommande notamment de se laver régulièrement les mains à l’eau et au savon, tout en évitant de se frotter les yeux.

Il conseille également de ne pas partager les serviettes, les mouchoirs, les produits cosmétiques ou tout autre accessoire susceptible d’entrer en contact avec les yeux. Les sécrétions oculaires doivent être nettoyées avec précaution, à l’aide d’un matériel propre, de préférence à usage unique, qui devra être jeté après utilisation.

À l’école, à la maison, dans les transports en commun ou dans les lieux fréquentés par de nombreuses personnes, l’application de ces mesures d’hygiène contribue à réduire les risques de transmission.

Automédication et traitements inadaptés : les mises en garde du spécialiste

Le Dr Boubacar Sarr rappelle qu’aucun médicament ne permet d’éliminer directement le virus responsable de la conjonctivite virale. Il souligne également que les antibiotiques n’agissent pas contre les virus et que leur utilisation abusive favorise le développement de résistances bactériennes. Ils ne sont indiqués que dans certaines situations, notamment lorsqu’il faut traiter une infection bactérienne associée ou prévenir une surinfection selon l’évaluation médicale.

L’ophtalmologue met surtout en garde contre certaines pratiques dangereuses consistant à introduire dans les yeux des produits inadaptés. L’utilisation de citron, d’eau de mer ou de préparations artisanales est fortement déconseillée en raison des risques de lésions oculaires. « Mettre du savon ordinaire dans les yeux, de l’eau de mer, du jus de citron, tout ça peut être catastrophique. Les complications les plus graves que nous observons, c’est au décours de ces mauvais traitements ».

Le spécialiste insiste ainsi sur les dangers de l’automédication et des traitements non recommandés par les professionnels de santé. Le recours injustifié aux antibiotiques ne garantit pas une guérison plus rapide et peut contribuer à l’apparition de résistances bactériennes. Il est donc préférable de solliciter un avis médical plutôt que de multiplier les collyres ou de suivre des conseils non médicaux.

Face à la recrudescence des cas de conjonctivite à Dakar, la prévention demeure une responsabilité collective. Le lavage régulier des mains, le non-partage des effets personnels en contact avec les yeux et le recours à une prise en charge adaptée restent les principales mesures pour freiner la propagation de la maladie et limiter les risques de complications.

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