lundi, 29 juin 2026 13:52

« Cette loi n’ira nulle part », Aïssata Tall Sall quitte l’hémicycle après l’interpellation d’Abdou Mbow

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Sénégal

Atlanticactu/ Aïssata Tall Sall/ Assemblée nationale/ Serigne Ndong

L’interpellation spectaculaire du député Abdou Mbow par des éléments de la gendarmerie nationale, entrés dans l’hémicycle pour le faire sortir de la salle, a suscité une vive émotion au sein de l’Assemblée nationale. En réaction à cet incident, Me Aïssata Tall Sall, présidente du groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal, a décidé de quitter immédiatement la séance plénière, entraînant avec elle l’ensemble des députés de l’opposition.

Réagissant dans la foulée à cet épisode inédit ainsi qu’à la suite de l’examen de la proposition de loi portant révision de la Constitution, l’ancienne ministre des Affaires étrangères s’est montrée catégorique quant au sort du texte. Selon elle, les circonstances dans lesquelles il est examiné compromettent toute possibilité de validation. « Elle n’ira nulle part parce que c’est une faction qui est en train de la voter. Elle n’ira nulle part parce que quand on vote dans la friction, dans le bruit, dans le chaos, dans la faction et dans le fracas, ça n’ira nulle part. La loi sera retoquée », a-t-elle déclaré devant la presse.

La députée de l’opposition a ensuite dénoncé avec vigueur le comportement de la majorité, qu’elle accuse de ne pas mesurer la responsabilité qui lui incombe dans la conduite des affaires publiques. « Ils sont en train de s’amuser, ils n’ont qu’à s’amuser puisqu’ils pensent que leur mandat est un amusement. Nous, nous prenons notre mandat au sérieux parce que nous respectons le peuple. Eux, ils ne respectent pas le peuple », a-t-elle affirmé avec fermeté.

Revenant enfin sur l’argument de la majorité parlementaire, souvent invoqué par le pouvoir pour faire adopter ses réformes, la présidente du groupe Takku Wallu Sénégal a recouru à une formule ironique pour qualifier ses adversaires politiques. « Ils disent qu’ils ont une majorité. Oui, mais une majorité pastèque : gros dehors et rien à l’intérieur. Voilà ce qu’ils sont, que Dieu nous garde », a-t-elle conclu, illustrant ainsi la profonde fracture qui divise désormais l’Assemblée nationale.

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