Sénégal
Atlanticactu/ Locafrique SA/ BCEAO/ Crise sociale/ Serigne Ndong
La crise qui secoue actuellement Locafrique SA vient de franchir un nouveau cap. Confronté aux difficultés croissantes de l’entreprise et aux récentes décisions prises par sa direction, le collège des délégués du personnel a décidé de saisir les autorités compétentes afin qu’un examen approfondi soit mené sur la situation de la société, les choix opérés par l’équipe dirigeante et leurs répercussions sur l’avenir de l’institution.
Selon les représentants des travailleurs, les tensions qui persistent depuis plusieurs mois ont atteint un seuil particulièrement préoccupant. Ils considèrent que certaines orientations adoptées par la direction générale sont susceptibles de fragiliser davantage une entreprise pourtant considérée comme un acteur majeur du financement de l’économie nationale.
Au cœur des préoccupations de l’intersyndicale figure la mise en chômage technique d’une part importante du personnel. Les délégués estiment que cette décision, prise de manière unilatérale, soulève de sérieuses interrogations quant à ses conséquences sur la continuité des activités ainsi que sur la capacité de l’entreprise à mobiliser pleinement ses ressources humaines dans un contexte économique déjà délicat.
Les représentants du personnel affirment avoir soumis plusieurs alternatives destinées à préserver les emplois tout en participant au redressement de la société. Ces propositions portaient notamment sur une meilleure mobilisation des compétences internes et sur la mise en œuvre d’actions ciblées visant à renforcer la performance des secteurs considérés comme stratégiques pour la relance. Ils regrettent toutefois que ces pistes n’aient pas fait l’objet d’une véritable évaluation, malgré leurs nombreuses sollicitations en faveur d’un dialogue constructif.
Au-delà de la question de l’emploi, les travailleurs dénoncent la dégradation du climat social au sein de l’entreprise. À leurs yeux, seul un dialogue social sincère, inclusif et permanent permettra de dégager des solutions consensuelles et durables. Face à l’impasse actuelle, le collège des délégués du personnel indique avoir officiellement saisi le ministère des Finances et du Budget, en tant qu’autorité de tutelle, la Primature, ainsi que les organismes de supervision financière, notamment la Commission bancaire et la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).
Les salariés précisent que leur démarche ne vise pas à alimenter une controverse publique, mais à obtenir un arbitrage impartial permettant d’évaluer les solutions les plus adaptées pour préserver à la fois l’entreprise, les emplois et les intérêts de l’ensemble des parties prenantes.
Pour les travailleurs, les enjeux dépassent désormais le cadre d’un simple conflit social. Il s’agit, selon eux, de préserver un acteur historique du secteur financier, de protéger les intérêts de l’État du Sénégal, de sécuriser des centaines d’emplois directs et indirects et de sauvegarder une expertise bâtie au fil des années.
Les représentants du personnel réaffirment enfin leur disponibilité à participer à toute initiative de médiation ou de concertation susceptible de déboucher sur des solutions équilibrées, transparentes et conformes à l’intérêt général. Ils lancent également un appel aux plus hautes autorités afin que toute la lumière soit faite sur la gestion de l’entreprise et que les décisions à venir soient prises dans un esprit de responsabilité et de préservation du bien commun.
