samedi, 13 juillet 2024 09:37

Autopsie des corps des « Jeûneurs pour Jésus », des organes manquant sur certains cadavres

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Kenya
Atlanticactu / Nairobi / Lolita Batamio
Les autopsies de cadavres retrouvés dans une forêt du sud-est du Kenya, où se réunissaient les membres d’une secte évangélique pratiquant un jeûne extrême, ont révélé des organes manquants sur certains corps, selon un document judiciaire consulté mardi par l’AFP.
Plus d’une centaine de corps, dont une majorité d’enfants, ont été trouvés jusqu’à présent dans l’enquête sur le « mantailles de la forêt de Shakahola », dont la révélation a causé l’horreur et l’incompréhension dans ce pays religieux d’Afrique de l’Est.
Selon les autopsies effectuées sur 112 corps, la plupart des victimes sont mortes de faim, probablement après avoir suivi la prédication de Paul Nthenge Mackenzie, pasteur autoproclamé de l’Église internationale des bonnes nouvelles qui préconisait le jeûne « pour rencontrer Jésus ».
Certaines des victimes – y compris des enfants – ont cependant été étranglées, battues ou étouffées, le chef des opérations médico-légales, le Dr. Johansen Oduor, a déclaré la semaine dernière.
Le pasteur Mackenzie sera poursuivi pour « terrorisme », ont annoncé les procureurs le 2 mai.
« Les rapports d’autopsie ont noté des organes manquants sur certains des corps de victimes qui ont jusqu’à présent été exhumés », révèle un document judiciaire consulté mardi par l’AFP, faisant référence à « un trafic bien coordonné d’organes humains impliquant plusieurs acteurs », sans plus de détails.
Dans ce document daté de lundi, la Direction des enquêtes criminelles (DCI) demande le gel des comptes bancaires du pasteur Ezekiel Odero, arrêté le 28 avril dans cette affaire et libéré sous caution jeudi.
Selon le DCI, le pasteur influent a reçu « d’énormes transactions en espèces » de la part de fidèles qui avaient demandé à Mackenzie de vendre leurs propriétés. Un tribunal de Nairobi a ordonné lundi le gel de plus de 20 comptes appartenant à Ezekiel Odero pendant 30 jours.
La recherche de corps et de fosses communes, suspendue en raison du mauvais temps, a repris mardi dans la forêt de Shakahola. « Les efforts de recherche et de sauvetage des personnes (…) se poursuivent », a déclaré le ministre de l’Intérieur Kithure Kindiki, qui était présent sur les lieux.
Un tribunal de Mombasa, la deuxième plus grande ville du Kenya, devrait se prononcer mercredi sur l’opportunité de prolonger sa détention de 90 jours supplémentaires.

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