Australie
Atlanticactu/ Députée Australienne/ Helen Haines/ Amputation de jambes/ Serigne Ndong
La députée australienne Helen Haines a subi une double amputation des jambes après avoir été volontairement percutée par un véhicule, a annoncé mercredi son mari. Ce dernier s’est dit « vraiment bouleversé par le soutien » témoigné à sa famille depuis l’agression.
Âgée de 65 ans, l’élue indépendante a été renversée lundi par un Toyota Land Cruiser à proximité de son bureau, à Wangaratta, une ville située à un peu plus de 200 kilomètres au nord-est de Melbourne, dans l’État de Victoria.
« Mais la bonne nouvelle, c’est qu’Helen est vivante et dans un état stable », a déclaré Phil Haines depuis l’hôpital de Melbourne. « Ce qui compte le plus chez Helen pour nous, sa famille, c’est son cœur et son esprit. »
« Elle a un cœur immense. C’est une personne très compatissante, attentionnée et aimante. Le chemin vers la guérison sera long et difficile pour Helen, mais nous savons qu’elle est forte », a-t-il poursuivi.
Helen Haines est notamment connue pour son engagement contre la corruption et en faveur de la lutte contre le changement climatique. Au moment de l’impact, elle se trouvait près du coffre de sa voiture.
Le conducteur, Brendan Nugent, âgé de 43 ans, était déjà connu des services de police. Il a été inculpé pour conduite dangereuse ayant provoqué des blessures volontaires graves, ainsi que pour violence contre un agent public au niveau fédéral, une infraction passible d’une peine pouvant atteindre dix ans de prison.
Il fait également face à des accusations de possession et de culture de cannabis. Selon un journaliste de l’AFP présent sur place, il a comparu mercredi devant le tribunal de Wangaratta.
Lors de cette audience, il n’a fait aucune déclaration et n’a pas sollicité de libération sous caution. Sa prochaine comparution devant la justice est fixée au 4 février.
Les raisons de cette attaque demeurent inconnues. Les autorités refusent de spéculer sur les motivations du suspect, alors que les investigations se poursuivent.
La police a néanmoins précisé mercredi qu’elle étudiait plusieurs hypothèses, notamment celle d’éventuelles convictions radicales hostiles au gouvernement chez Brendan Nugent.
« Nous examinons ses relations sur les réseaux sociaux et interrogeons des témoins, des amis et des collègues », a expliqué Mike Bush, commissaire de la police de l’État de Victoria, devant les journalistes.
L’agression a suscité de nombreux témoignages de solidarité envers la députée. « Nous avons été vraiment bouleversés par le soutien que nous avons reçu » en Australie comme à l’étranger, a déclaré son mari, Phil Haines.
« Positions extrémistes »
Cette attaque a provoqué une profonde remise en question en Australie, un pays où les violences politiques restent peu fréquentes. Toutefois, les forces de l’ordre observent depuis plusieurs années une augmentation constante des menaces et des actes de violence visant les élus.
« Les Australiens aspirent à la bienveillance et à la solidarité, et ils nous demandent pourquoi nous avons perdu notre capacité essentielle à exprimer nos désaccords correctement et respectueusement », a déclaré mercredi la gouverneure générale Sam Mostyn, représentante du roi Charles en Australie, aux côtés de Phil Haines.
« Malheureusement, ce que nous constatons c’est, je dirais, un niveau croissant de positions extrémistes, en particulier dans l’espace en ligne », a affirmé Krissy Barrett, commissaire de la Police fédérale australienne (AFP).
« La situation actuelle de menace criminelle est fébrile et, s’agissant des parlementaires fédéraux, l’AFP continue d’enregistrer un volume croissant d’abus en ligne, de rhétorique menaçante et d’intimidation », a-t-elle ajouté.
Le Premier ministre australien, Anthony Albanese, s’est également mobilisé pour exprimer son soutien à la députée, élue au Parlement en 2019 après avoir exercé les professions d’infirmière et de sage-femme.
« C’est un rappel que le monde est un endroit plus dangereux et divisé qu’une génération auparavant », a-t-il déclaré mercredi sur les ondes de la radio ABC Melbourne.
« Je pense que les Australiens veulent que leurs responsables politiques puissent vaquer à leurs occupations, qu’ils puissent récupérer quelque chose dans le coffre de leur voiture, bon sang », a ajouté le chef du gouvernement.
De son côté, le directeur du renseignement australien, Mike Burgess, a exprimé son inquiétude face au fait que des « niveaux élevés de ressentiment, d’intolérance et de polarisation continuent de créer un climat propice à la violence ».
