Mali
Atlanticactu / Bamako / Alger / Cheikh Saadbou Diarra
Pour ceux qui l’avaient enterré après son exil en terre algérienne et l’éclatement du mythique mouvement de contestation, le Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) qui avait précipité la chute du régime du défunt président Ibrahima Boubacar Keïta (IBK), l’Imam Dicko se rappelle à leurs souvenirs. L’Imam Mahmoud Dicko est réapparu dans le débat public malien.après de longs mois d’absence médiatique.
À Alger, où il séjourne depuis son départ du Mali, l’ancien président du Haut Conseil islamique a livré une première prise de parole depuis la création de la Coordination des forces républicaines (CFR). L’Imam de Badalabougou vient de confirmer son adhésion à cette initiative. Un message diffusé en plusieurs langues, largement relayé sur les réseaux sociaux et commenté sur les antennes radios, dans un contexte national toujours dominé par l’insécurité et les incertitudes politiques.
Depuis Alger Imam Mahmoud Dicko lance un appel au peuple malien
« Je prends la parole aujourd’hui pour vous éclairer sur des informations que vous avez entendues ces derniers temps. Je sors également pour vous lancer un appel. Ces derniers jours, vous avez entendu beaucoup de choses à la télévision, à la radio et dans les médias en général. Effectivement, des Maliens sont venus me voir pour me parler de leur initiative visant à mettre fin aux souffrances et aux meurtres en cours, afin que nous trouvions ensemble une solution pour mettre fin à cette situation et permettre le retour de la paix. Si tel est leur objectif, je me dois de les accompagner. Le jour de mon arrivée ici, les autorités étaient au courant. Elles savaient tout. En quittant le pays, je n’ai tué personne, je n’ai pas volé l’argent public et je ne suis associé à aucune organisation ni à aucun groupe cherchant à déstabiliser le pays.
Les autorités le savent, et elles le savent mieux que quiconque. Elles ont été invitées comme j’ai été invité. Elles étaient informées de tout. Malgré cela, elles se sont fâchées avec ce pays, l’Algérie. Depuis ce jour, elles ne s’entendent plus avec ce pays, jusqu’à présent. Le jour où mon retour au pays a été annoncé, alors que je n’avais rien dit et rien annoncé, la personne qui a relayé cette information a été arrêtée alors qu’elle revenait de la mosquée. Elle a disparu pendant quatre mois, sans que l’on sache si elle était vivante ou non.
Le jour annoncé de mon arrivée, ils ont mobilisé plus de 1 600 policiers, gendarmes et autres forces de sécurité à l’aéroport du Mali. Ce jour-là, toute personne qu’ils ont croisée et qui déclarait se rendre à l’accueil de Dicko a été arrêtée. Jusqu’à présent, certains d’entre eux sont encore en prison.
Ainsi, lorsque des personnes viennent me voir pour qu’on mette fin à cette situation, pour qu’on en parle ensemble, alors qu’il y a beaucoup de morts et de destructions de biens, j’ai répondu en leur disant que je partageais leur point de vue. C’est ce que vous avez entendu. Je lance donc un appel à tous : levez-vous, réunissons-nous, non pas contre un groupe de personnes ou des individus, non pas pour violenter qui que ce soit, mais pour que la situation actuelle dans notre pays prenne fin. Tout le monde souffre. On ne peut pas vivre dans un pays où plus personne ne peut parler. Dialoguons, discutons entre nous. Prions Dieu pour le retour de la paix, car rien n’est possible sans la paix.
Discutons afin qu’ensemble, nous puissions avoir un pays en paix. Voilà mon objectif. Mon appel s’adresse à tout le monde, à tous les Peuls, du Mali et d’ailleurs. Cette initiative, je la soutiens, et je veux que tout le monde le sache. J’appelle également chacun à y adhérer.
