Sénégal
Atlanticactu/ OMC/ Accord de pêche/ Pêche artisanale/ Mbour/ Serigne Ndong
MBOUR – Entré en vigueur le 15 septembre 2025, l’Accord de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) sur les subventions à la pêche suscite de nombreux espoirs dans le secteur de la pêche artisanale africaine. Réunis récemment à Mbour lors d’un webinaire consacré à ses « enjeux, opportunités et défis », les acteurs du secteur ont toutefois souligné la nécessité de renforcer les moyens de contrôle et les capacités des États pour assurer une application effective du texte.
L’accord vise notamment à interdire les subventions contribuant à la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN), à l’exploitation de stocks surexploités ainsi qu’à certaines activités de pêche en haute mer non réglementées. Il prévoit également un traitement spécial et différencié pour les pays en développement et les pays les moins avancés.
Pour la pêche artisanale africaine, qui joue un rôle majeur dans l’alimentation, l’emploi et les revenus de millions de personnes, ce nouvel instrument pourrait contribuer à réduire la pression exercée par les flottes industrielles. Une étude menée auprès de 37 organisations issues de 25 pays africains fait notamment état d’incursions de navires industriels dans des zones réservées à la pêche artisanale. Elle relève également que près de 70 % des organisations interrogées indiquent que leurs membres ne bénéficient d’aucune subvention au carburant.
Selon le Dr Hamady Diop, l’accord représente ainsi « une opportunité » qu’il faut sécuriser. Les États pourraient notamment mobiliser des ressources pour améliorer le suivi des pêches, la sécurité en mer et les infrastructures post-capture.
Mais plusieurs obstacles persistent : manque de données scientifiques sur les stocks, faibles capacités de notification et de contrôle, difficultés d’accès aux financements et prise en compte insuffisante des femmes transformatrices et des pêcheurs continentaux.
Pour les organisations professionnelles, la réussite de l’accord dépendra donc surtout de sa mise en œuvre au niveau national. Elles appellent à renforcer les capacités des États et à mieux associer les communautés concernées afin que ce nouvel instrument contribue réellement à protéger les ressources et à soutenir la pêche artisanale africaine.
