mercredi, 28 octobre 2026 12:59

Bracelets électroniques : la justice poursuit ses investigations sur deux marchés controversés

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Atlanticactu/ Pool Judiciaire Financier/ Bracelets électroniques/ Moussa Seydi: Liberté provisoire/ Serigne Ndong

La Chambre d’accusation du Pool judiciaire financier (PJF) se penche ce mercredi 28 octobre sur l’affaire du marché des bracelets électroniques, rapporte L’Observateur. Cette audience intervient après le rejet de la demande de mise en liberté provisoire introduite par les avocats de Moussa Seydi, ancien directeur des finances, du budget, du matériel et des infrastructures pénitentiaires.

Placé sous mandat de dépôt le 23 juin 2026 par le Pool judiciaire financier, l’ancien responsable est poursuivi pour détournement de deniers publics, escroquerie portant sur des deniers publics à hauteur de 120 637 720 FCFA, faux en écriture publique authentique, association de malfaiteurs et blanchiment de capitaux. Ses conseils devront présenter leurs arguments devant la Chambre d’accusation dans l’espoir d’obtenir sa libération.

Une avance de démarrage et un écart de plus de 3,6 milliards FCFA en question

Le Parquet financier reproche à Moussa Seydi le versement d’une avance de démarrage de 1 377 900 000 FCFA, ainsi qu’un écart de 3 633 188 987 FCFA dont l’utilisation reste, selon l’accusation, inexpliquée dans le cadre de ce marché.

Lors de son audition devant le Pool judiciaire financier, la défense a contesté ces griefs. Après examen des bons d’engagement, des factures, des bons de livraison et des contrats concernés, les avocats estiment que les éléments du dossier ne suffisent pas à justifier les charges retenues contre leur client.

Cette nouvelle étape judiciaire intervient environ un mois après la mise en liberté provisoire, sous contrôle judiciaire et contre le versement d’une caution, d’El Hadji Gora Diop Guèye, plus connu sous le nom de Pape Gora Guèye. Directeur de la société Colombe Cyber Defense Operations Center (CCDOC), il avait été interpellé à l’Aéroport international Blaise Diagne (AIBD) de Diass avant d’être placé sous mandat de dépôt. Il est présenté comme l’un des acteurs clés de cette affaire.

Deux marchés de plus de 11 milliards FCFA au cœur des investigations

L’affaire porte notamment sur deux contrats conclus entre le ministère de la Justice et la société CCDOC, pour un montant cumulé dépassant les 11 milliards de FCFA.

Le premier contrat, signé le 22 octobre 2020, concerne la fourniture de 1 000 bracelets électroniques pour un montant de 6 889 550 381 FCFA. Le second, conclu le 6 juillet 2023, porte également sur l’acquisition de 1 000 dispositifs, pour une valeur de 5 340 000 000 FCFA.

D’après le rapport de la Division des investigations criminelles (DIC) établi dans le cadre de l’enquête préliminaire, le Payeur général du Trésor et de la Comptabilité publique aurait versé à la société CCDOC un montant total de 8 911 018 101 FCFA entre 2020 et 2024, par l’intermédiaire de différents mandats de paiement.

S’agissant du premier marché, L’Observateur indique que l’Administration pénitentiaire évalue les dépenses effectivement constatées à 3 256 361 394 FCFA, alors que le montant contractuel s’élève à 6 889 550 381 FCFA. La différence, soit 3 633 188 987 FCFA, demeure ainsi sans justification établie à ce stade.

Pour le second contrat, un autre écart de 2 908 437 720 FCFA serait également resté inexpliqué. Ces différences financières constituent l’un des principaux points sur lesquels portent les investigations du Pool judiciaire financier, chargé de faire la lumière sur les conditions d’exécution de ces marchés publics.

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