L’ancien Premier ministre Ousmane Sonko estime que l’approche du gouvernement concernant la suppression progressive des subventions sur les produits énergétiques n’est pas la bonne. Il se dit prêt à tenir un débat public avec le Premier ministre sur cette question et ses conséquences sur le pouvoir d’achat des Sénégalais.
Il propose de réduire les taxes appliquées aux produits pétroliers plutôt que de diminuer les subventions, afin de limiter les hausses de prix.
Selon ses estimations, la réduction des subventions d’environ 30 % prévue dans la loi de finances rectificative pourrait faire passer le prix du gasoil de 755 à près de 867 francs CFA le litre. Il conteste également le maintien d’une fiscalité élevée sur les produits pétroliers, alors que le gouvernement prévoit de réduire les subventions, et évoque aussi les engagements concernant l’électricité et l’eau.
Alors que le gouvernement prévoit, à terme, de plafonner les subventions aux produits pétroliers à 1 % du PIB, Sonko défend une autre approche, fondée sur la baisse de la fiscalité pour préserver le pouvoir d’achat. Il invite ainsi le Premier ministre à un débat public pour confronter leurs propositions sur la politique énergétique et les mesures à prendre pour limiter l’impact du redressement budgétaire sur les ménages.
Il faut rappeler que lors de sa Déclaration de Politique Générale (DPG), le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo avait annoncé une réforme en profondeur du système de subventions à l’électricité et au carburant. Selo lui, cette réforme vise à corriger une répartition jugée profondément inégalitaire, où environ 600 milliards de FCFA des 800 milliards de FCFA alloués aux subventions énergétiques bénéficient aux 20 % des ménages les plus aisés. Le Premier ministre avait également souligné l’urgence d’une réforme équitable, non sans proposer une réduction graduelle de la charge des subventions, dont les montants récupérés seraient réorientés vers les pauvres et les personnes vulnérables. Et que cette réforme allait être mise en œuvre à travers une loi de finances rectificative soumise à l’Assemblée nationale. Mais ce sera sans compter sur PASTEF.