Ousmane Sonko compte appliquer son fameux “Gatsa Gatsa” (Ndlr: œil pour œil, dent pour dent) à Diomaye. Faisant face à la presse ce lundi 19 octobre 202, le leader de PASTEF a annoncé que les députés de Pastef ne voteront ni le projet de loi de finances rectificative (LFR) ni le projet de loi de finances initiale (LFI) 2027 si ces textes ne comportent pas de dispositions légales encadrant les fonds spéciaux. Cette position intervient dans un contexte de désaccord sur les modalités de contrôle de ces fonds, dont l’utilisation ne devrait plus, selon lui, dépendre de la seule discrétion des autorités.
« Pastef ne votera ni leur loi de finance rectificative ni leur loi de finance initiale sans qu’elle comporte des dispositions légales sur l’encadrement des fonds spéciaux », a déclaré Ousmane Sonko. Il a précisé que son groupe parlementaire déposerait un amendement en ce sens et a averti que, si le gouvernement fait recours au vote bloqué, Pastef rejetterait l’ensemble des textes concernés. « Nous le mettrons en amendement, si vous votez bloqué, on rejette tout », a-t-il affirmé.
Le leader de Pastef a également indiqué que son parti restait ouvert à un dialogue avec le gouvernement. « Pour le moment, nous ne rejetons rien, nous ne validons rien, mais si c’est maintenu tel quel, nous rejetons », a-t-il déclaré, ajoutant que les députés pourraient voter les textes si un compromis était trouvé. Il a par ailleurs estimé que la responsabilité d’un éventuel blocage incomberait à l’exécutif si celui-ci refusait de prendre en compte leurs exigences.
À travers cette position, Pastef lie ainsi son vote sur les deux textes budgétaires à l’adoption de dispositions légales encadrant les fonds spéciaux. Ousmane Sonko affirme que ces ressources, financées par l’argent public, doivent être soumises à des règles de contrôle et ne peuvent rester à la discrétion d’une autorité sans encadrement légal.
Ousmane Sonko a également relativisé les conséquences d’un éventuel rejet des textes budgétaires. Selon lui, le rejet de la loi de finances rectificative ne créerait pas de vide budgétaire, puisque la loi de finances initiale continuerait de s’appliquer. Il a précisé que, si les crédits venaient à être épuisés, l’État pourrait recourir à des avances pour assurer la continuité de son fonctionnement.
Concernant toujours un éventuel rejet de la loi de finances initiale, il a invoqué l’article 57 de la loi organique relative aux lois de finances (LOLF), selon lequel les crédits budgétaires de l’année précédente seraient reconduits. « Donc, il n’y a pas de blocage. C’est les mesures nouvelles déraisonnables qui auront été bloquées », a-t-il soutenu.
Le leader de Pastef a réaffirmé que son parti ne dérogerait pas à cette position et a appelé au respect des institutions ainsi qu’à la primauté de l’intérêt national dans les discussions avec l’exécutif.