Sénégal
Atlanticactu/ Bracelets Électroniques/ Moussa Seydi/ Pool Judiciaire Financier/ Serigne Ndong
L’enquête portant sur le marché des bracelets électroniques, évalué à 11 milliards de francs CFA, semble connaître une nouvelle accélération. Selon L’Observateur, Moussa Seydi, ancien directeur des Finances, du Budget, du Matériel et des Infrastructures pénitentiaires, a été extrait de sa cellule afin d’être auditionné par le collège des juges d’instruction du Pool judiciaire financier.
Lors de cette audition, l’ancien responsable a maintenu sa ligne de défense, contestant les faits qui lui sont reprochés. Il affirme notamment que les fonds destinés à la formation, à la maintenance ainsi qu’aux autres prestations prévues dans le cadre du marché ont été utilisés conformément aux procédures en vigueur. À l’issue de son audition, il a été reconduit en détention.
Par ailleurs, toujours selon le quotidien du Groupe futurs médias, un fournisseur convoqué dans le cadre de l’enquête a été placé sous mandat de dépôt pour complicité présumée de détournement de deniers publics.
Le réquisitoire introductif du procureur financier vise Moussa Seydi pour cinq chefs d’inculpation : détournement de deniers publics portant sur un montant supérieur à 5 milliards de francs CFA, escroquerie sur deniers publics pour plus de 3 milliards, faux en écriture publique authentique, association de malfaiteurs et blanchiment de capitaux.
Les enquêteurs lui reprochent notamment le versement d’une avance de démarrage de 1,377 milliard de francs CFA ainsi qu’un différentiel de 3,633 milliards de francs CFA qui, selon le parquet, demeure inexpliqué. La défense rejette cependant l’ensemble de ces accusations et considère que les éléments versés au dossier ne permettent pas, à ce stade, d’établir les charges retenues contre son client.
L’affaire concerne deux contrats conclus entre le ministère de la Justice et la société Colombe Cyber Defense Operations Center, dirigée par El Hadji Gora Diop Guèye. Le premier contrat, conclu en 2020, s’élevait à 6,88 milliards de francs CFA et portait sur la fourniture de 1 000 bracelets électroniques. Un second marché, conclu en 2023 pour un montant de 5,34 milliards de francs CFA, concernait également 1 000 dispositifs.
Toutefois, les investigations auraient révélé que l’Administration pénitentiaire n’a pas réceptionné l’intégralité des bracelets prévus. Parmi les dispositifs effectivement livrés, 214 auraient en outre présenté des défaillances techniques, rapporte la même source.
