mercredi, 9 septembre 2026 06:23

Discours xénophobes : le Premier ministre Al Aminou Lo appelle à faire cesser de telles pratiques devant les députés

Partager sur :

Les plus lus

Sénégal 
Atlanticactu/ Dakar/ Niamey/ Conakry/ Cheikh Saadbou Diarra 
Profitant de la tribune de l’Assemblée nationale où il faisait sa déclaration de politique générale,  le successeur de l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko s’en est pris aux apologistes de la xénophobie. Al Aminou Lo a tenu à éclaircir la position de son gouvernement face aux sorties récurrentes du député Tahirou Sarr sur la présence de nombreux étrangers en situation irrégulière au Sénégal. 
Le Premier ministre sénégalais Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô a dénoncé mardi devant l’Assemblée nationale la montée des discours xénophobes dans le pays, tout en appelant les étrangers à respecter les règles encadrant leur séjour. Des ONG alertent depuis plusieurs semaines sur des propos visant notamment les étrangers issus de la sous-région, occupant les différentes artères de la capitale sénégalaise avec comme principale occupation la mendicité.
Le Premier ministre sénégalais met en garde « Il faut que ça cesse » 
« Il faut que ça cesse », a lancé Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô devant les députés, estimant que le Sénégal, pays traditionnellement ouvert sur la sous-région, ne pouvait laisser prospérer la xénophobie. « Nous ne pouvons pas être ce pays ouvert et qui a des ressortissants partout ailleurs (…) et qu’un discours de xénophobie prospère », a-t-il déclaré. Le chef du gouvernement a rappelé que ces discours étaient contraires aux valeurs et aux « coutumes » sénégalaises. « Nous sommes tous métissés. Nous avons tous des parents dans la sous-région. Cessons cette stigmatisation qui ne nous grandit pas », a-t-il insisté.
Les étrangers en situation irrégulière particulièrement ciblés 
Le 18 août, trois ONG, dont Amnesty International Sénégal, avaient appelé les autorités à agir face à une « montée du discours xénophobe » dans les médias et sur les réseaux sociaux. Ces dernières semaines, des organisations de la société civile ont notamment dénoncé des menaces et intimidations visant des ressortissants guinéens, une communauté présente depuis plusieurs décennies au Sénégal. Le 25 août, le ministre de l’Intérieur Mouhamadou Makhtar Cissé avait lui aussi condamné la progression de ces discours. 
Face à cette ruée d’étrangers (Mendiants) les populations exigent un contrôle renforcé des étrangers 
Tout en rejetant la stigmatisation des étrangers, le Premier ministre a insisté sur la nécessité pour ceux qui résident au Sénégal de respecter les règles encadrant leur séjour. Il a annoncé un renforcement des contrôles aux frontières, notamment grâce à l’amélioration du dispositif électronique existant. Cette question avait déjà suscité la polémique à l’Assemblée nationale. Le 17 août, le député nationaliste Tahirou Sarr avait dénoncé ce qu’il présentait comme un « envahissement par des mendiants étrangers » dans plusieurs quartiers de Dakar, accusant également des étrangers de mendicité, de banditisme et de prostitution. 
Le contrôle des étrangers est devenu une réalité en Mauritanie,  au Kenya,  au Gabon donc, une tendance qui dépasse le Sénégal 
La montée des discours hostiles aux étrangers inquiète également dans d’autres pays africains. En Afrique du Sud, des mobilisations antimigrants parfois violentes ont poussé des dizaines de milliers de travailleurs étrangers à quitter certaines zones. Au Kenya, les déclarations du président William Ruto appelant les étrangers tenant de petits commerces à fermer leurs établissements ont également suscité l’inquiétude de plusieurs communautés. 
Partager sur :

Plus d'articles

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Les plus récents