vendredi, 28 août 2026 21:56

Vente des cartes : Le sous-préfet de Ndiaganiao autorise Pastef et fait du rétropédalage

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Atlanticactu/ Ndiaganiao/ Khadim Mbodj
Les militants et sympathisants de Pastef de l’arrondissement de Fissel qui s’apprêtaient à lancer l’opération de vente des cartes de membres ce week-end à Ndiaganiao, vont devoir patienter.  Le sous-préfet de la localité qui avait déjà autorisé la manifestation,  s’est rétracté à la dernière minute. La bataille de Ndiaganiao fief politique du président Bassirou Diomaye Faye, n’aura pas lieu.
En l’espace de vingt-quatre heures, l’autorité administrative en charge de la sous-préfecture de Fissel a signé deux arrêtés.  L’un autorisant à Pastef la vente de cartes au niveau de la place publique et l’autre prenant le contre-pied du premier. Des changements qui interrogent plus d’un sur l’opportunité du  même sous-préfet de Fissel.
C’est suite à une demande introduite le 10 août dernier et du rapport d’enquête de la brigade de gendarmerie que le sous-préfet de Fissel a pris le 27 août 2026, l’arrêté n°86/AF/SP/as qui autorise la tenue, le 5 septembre à partir de 11 heures, d’une journée de lancement de la vente des cartes de membre de PASTEF, à la place publique de Ndiaganiao.
Mieux : le même arrêté avait déjà prévu les précautions nécessaires. Les organisateurs étaient invités à prendre toutes les dispositions avec la gendarmerie de Ndiaganiao afin de préserver la quiétude des populations et d’éviter tout trouble à l’ordre public, rapporte Dakarposte.
Puis, le 28 août, changement de cap. Par l’arrêté n°87/AF/SP/AS/pmn, le même sous-préfet rapporte celui de la veille. Les motifs invoqués sont désormais une « menace de troubles à l’ordre public » et une « insuffisance des forces de l’ordre disponibles pour l’encadrement ».
Le problème n’est évidemment pas de contester à l’administration son pouvoir de prévenir les troubles à l’ordre public. Ce pouvoir est légitime. Ce qui surprend, c’est l’absence, dans le second arrêté, d’une explication précise sur ce qui aurait changé entre le 27 et le 28 août.
Quelle menace nouvelle est apparue ? Quel renseignement nouveau a été porté à la connaissance de l’administration ? Le dispositif sécuritaire a-t-il évolué ? Les forces de l’ordre, jugées suffisantes la veille pour encadrer la manifestation, sont-elles soudainement devenues insuffisantes ? Y a-t-il eu une nouvelle évaluation ou une instruction venue d’ailleurs ? Le document ne le précise pas.
C’est là que réside tout le malaise.
Car l’affaire ne concerne pas n’importe quelle activité. Il s’agit d’une opération politique de PASTEF, dans le cadre de sa campagne de vente de cartes et de structuration de ses bases militantes. Dans un tel contexte, une interdiction administrative peut difficilement être dissociée de sa portée politique, même lorsqu’elle est officiellement justifiée par des considérations sécuritaires.
Il serait toutefois excessif, sur la seule base de ces deux arrêtés, d’affirmer qu’il s’agit d’une décision politique ou qu’une pression extérieure aurait été exercée. Rien dans les documents disponibles ne permet de l’établir. Mais il est tout aussi difficile de ne pas relever une incohérence : le dossier était connu, une enquête avait été menée, l’autorisation avait été délivrée et les modalités d’encadrement avaient été prévues. Vingt-quatre heures plus tard, la même manifestation devient suffisamment dangereuse pour être interdite.
Deux arrêtés, donc. Deux décisions contradictoires. Le même signataire, le même lieu, la même date, les mêmes organisateurs et le même événement. Ce qui manque entre les deux, c’est l’essentiel : l’élément nouveau qui justifie le changement de position.
L’autorité administrative peut changer d’avis lorsque les circonstances l’exigent. Mais lorsqu’elle passe de l’autorisation à l’interdiction en l’espace d’une journée, surtout pour une manifestation politique, elle doit pouvoir expliquer clairement pourquoi.
Selon Dakarposte, à Ndiaganiao, le véritable enjeu n’est donc pas seulement la légalité du rétropédalage. C’est la lisibilité de l’action administrative. Car lorsque deux décisions officielles se contredisent à vingt-quatre heures d’intervalle sans que soit clairement exposée la raison du basculement, le doute s’installe naturellement.
Et, en démocratie, la confiance dans l’administration repose aussi sur cela : la capacité de dire non, certes, mais surtout d’expliquer pourquoi hier c’était oui et pourquoi, aujourd’hui, c’est devenu non.
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