L’ancien Premier ministre n’a pas tardé à réagir suite aux multiples sorties de Mum Touré, Abdourahmane Diouf, Aly Ngouille Ndiaye, etc sur les fonds politiques dont il serait le seul chef du gouvernement à en détenir. Face à la presse, Ousmane Sonko, s’est prononcé en faveur d’un renforcement de la traçabilité des fonds spéciaux accordés à la Présidence de la République et à la Primature, démentant au passage les propos tenus par ces responsables cités plus haut.
Le leader de Pastef a tenu à réaffirmer son opposition à la suppression pure et simple de ces mécanismes financiers, Ousmane Sonko a commencé par insister sur l’obligation pour le Parlement d’exercer un contrôle rigoureux afin de mettre un terme à l’opacité entourant leur utilisation. Occasion pour le President de l’Assemblée nationale de revenir sur les accusations « d’utilisation frauduleuse » d’un milliard 700 millions tous les trimestres.
Pour édifier les sénégalais sur ces fonds spéciaux, Ousmane Sonko est revenu sur les conditions de leur arrivée au pouvoir. L’ancien Premier ministre a d’abord révélé que la Présidence de la République disposait initialement d’un solde supérieur à 7 milliards de francs CFA, mais que les comptes auraient été intégralement vidés par son prédécesseur avant la prise de fonction des nouvelles autorités. Il a ensuite fait état d’un scénario similaire constaté au niveau de la Primature.
Constat de disparition des caisses de la Primature de 3 milliards de francs CFA, l’ancien Dage désigne le ministre des Finances Cheikh Diba
Ousmane Sonko n’a pas fait dans la langue de bois en expliquant les péripéties de son installation à la Primature notamment par rapport à certaines opérations financières réalisées durant la période de transition, affirmant qu’entre les mois de mars et avril, plus de 3 milliards de francs CFA auraient été prélevés sur le compte des fonds de la Primature. Face à l’absence d’explications sur ces mouvements financiers, il a expliqué avoir interrogé l’ancien directeur général concerné, qui l’a orienté vers l’actuel ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba. Ousmane Sonko a précisé avoir contacté directement le ministre Cheikh Diba, mais affirme n’avoir reçu à ce jour aucune justification concernant la destination ou la nature de ces prélèvements.
Répondant à Abdourahmane Diouf, Mimi Touré et Cie, Ousmane Sonko dresse le tableau de l’historique des montants alloués à la Primature (2012–2026)
Afin de souligner les variations des budgets alloués aux fonds spéciaux de la Primature, Ousmane Sonko a dressé un inventaire chronologique des montants enregistrés depuis 2012. Il a ainsi rappelé les sommes de 2,960 milliards de F CFA en 2012, 1,930 milliard en 2013, 540 millions en 2014, avant des remontées à 2,028 milliards en 2015, 2,772 milliards en 2016, 2,502 milliards en 2017, 2,190 milliards en 2018 et 2,060 milliards en 2019.
L’année 2020 a été qualifiée d’atypique par le leader parlementaire avec un montant de 5,745 milliards de F CFA. Les chiffres se sont ensuite établis à 1,450 milliard de F CFA en 2021, 1,225 milliard en 2022, 1,122 milliard en 2023, puis 1,150 milliard pour l’année 2024 qui le concerne directement, et enfin 1,870 milliard de F CFA pour l’année 2026.
Sur les activités en cours à l’Assemblée, « il ne s’agit ni plus ni moins que d’exercer des prérogatives législatives et le rôle du Parlement », révèle Sonko.
Pour le président de l’Assemblée nationale, le contrôle de l’action gouvernementale doit impérativement s’étendre à l’examen systématique des flux financiers importants de l’État. Il préconise ainsi un effort conjoint de la Présidence et de la Primature pour accepter l’audit de ces ressources.
Sur le plan institutionnel, Ousmane Sonko a annoncé qu’une seconde proposition de texte encadrant les fonds spéciaux sera soumise à l’examen du bureau de l’Assemblée nationale d’ici les cinq prochaines réunions. L’objectif réitéré est de maintenir ces dispositifs nécessaires au fonctionnement des institutions tout en imposant une obligation stricte de redevabilité, tout en réitérant sa demande d’explications au ministre Cheikh Diba.
Au moins, la sortie du leader de Pastef aura permis d’apporter une éclaircie sur les fonds spéciaux alloués à la Primature et dont auraient bénéficié la plupart des anciens Premiers ministres du Sénégal.