mercredi, 15 juillet 2026 16:54

Kédougou : une Nigériane arrêtée pour un présumé réseau de traite des êtres humains

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Sénégal

Atlanticactu/ Kédougou/ Traite des êtres humains/ Nigéria/ Serigne Ndong

Un nouveau réseau présumé de traite des êtres humains a été démantelé à Kédougou. Les éléments de l’antenne locale de la Direction nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT) ont procédé à l’arrestation d’une ressortissante nigériane, soupçonnée d’être à la tête d’un système d’exploitation sexuelle de jeunes femmes acheminées depuis le Nigeria. D’après Libération, les investigations ont révélé l’existence d’un réseau transfrontalier impliquant plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et des faits pouvant être qualifiés de traite de personnes, de proxénétisme et d’exploitation illégale d’un débit de boissons.

Une intervention déclenchée par un renseignement

L’opération a été lancée à la suite d’un renseignement signalant la présence de deux jeunes Nigérianes hébergées dans des chambres attenantes à un bar du village de Sékoto. Les informations recueillies laissaient penser que ces femmes avaient été convoyées depuis leur pays d’origine afin d’être exploitées dans la prostitution.

Les enquêteurs ont alors ouvert une enquête qui les a conduits jusqu’à Evidence Jite Joseph, surnommée « Treasure », considérée comme la principale organisatrice du réseau présumé. Elle a été interpellée en compagnie de deux autres ressortissantes nigérianes, identifiées par leurs initiales F. Sunday, 34 ans, et L. Isaac, 32 ans.

Un parcours migratoire passant par plusieurs pays

Les auditions ont permis de reconstituer le trajet emprunté par les deux jeunes femmes avant leur arrivée au Sénégal.

Selon les éléments rapportés par Libération, elles auraient été recrutées au Nigeria avant d’être acheminées vers le Bénin. À Cotonou, un homme identifié sous le prénom de John leur aurait fourni de faux documents de voyage destinés à faciliter leur déplacement.

Le voyage se serait poursuivi jusqu’au Mali où un autre intermédiaire, présenté sous le nom de Diabaté, les aurait prises en charge avant de les faire embarquer à bord d’un autocar en direction de la frontière sénégalaise.

À leur arrivée au Sénégal, Evidence Jite Joseph aurait assuré leur transfert vers Kédougou, où elles auraient été conduites à moto jusqu’à son domicile situé dans le quartier de Kharakhéna.

Une dette de 1,5 million FCFA au cœur du système

Une fois installées dans des chambres construites autour d’un bar de Sékoto, les deux jeunes femmes auraient été contraintes de se prostituer afin de rembourser les frais de leur acheminement.

Toujours selon Libération, chacune d’elles devait verser 1,5 million de francs CFA à leur présumée recruteuse, une somme présentée comme le coût de leur voyage jusqu’au Sénégal.

Les enquêteurs soupçonnent un système de servitude par endettement, un procédé fréquemment utilisé par les réseaux de traite des êtres humains. Ce mécanisme consiste à maintenir les victimes sous une forte contrainte financière, les obligeant à poursuivre leur exploitation jusqu’au remboursement d’une dette souvent excessive.

Les deux jeunes femmes ont déclaré avoir exercé la prostitution uniquement pour s’acquitter de cette dette.

La suspecte aurait reconnu les faits

Entendue par les enquêteurs, Evidence Jite Joseph aurait reconnu les faits qui lui sont reprochés, rapporte Libération.

À l’issue de sa garde à vue, elle a été déférée devant le parquet de Kédougou pour association de malfaiteurs, traite de personnes, proxénétisme, ainsi que pour ouverture et exploitation d’un débit de boissons sans autorisation administrative.

Cette affaire met également en évidence l’existence d’un réseau opérant entre le Nigeria, le Bénin, le Mali et le Sénégal. Les investigations devraient se poursuivre afin d’identifier d’éventuels complices et de remonter l’ensemble de la filière.

Une vigilance renforcée face aux réseaux de traite

Cette nouvelle opération témoigne de l’intensification de la lutte menée par les services spécialisés contre les réseaux criminels qui exploitent les mouvements migratoires en Afrique de l’Ouest.

Ces dernières années, les autorités sénégalaises ont renforcé les opérations ciblant les filières de traite des êtres humains, de prostitution organisée et de trafic de migrants, notamment dans les zones minières et frontalières où les flux de populations sont particulièrement importants.

Au-delà du démantèlement des réseaux, les autorités entendent également identifier, assister et protéger les victimes d’exploitation, conformément aux engagements du Sénégal en matière de lutte contre la traite des personnes et la criminalité transnationale.

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