Après plus de deux ans de refus d’un programme du Fonds Monétaire International (FMI) suite à la découverte d’une dette cachée de près de 7 milliards de dollars, le Sénégal, après un long bras de fer, serait prêt à renouer avec l’institution de Bretton Woods quelques jours après le limogeage du Premier ministre Ousmane Sonko, réfractaire à une quelconque restructuration de la dette.
Portés par une vague d’espoir en 2024, Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko avaient fait de la souveraineté économique, des réformes institutionnelles et de la transparence leurs chevaux de bataille. Mais les dures réalités de la restructuration économique ont rapidement mis à l’épreuve cet élan politique.
Face au spectre d’un défaut de paiement, alourdi par une dette considérable, un nouveau gouvernement a été formé avec une mission prioritaire : renouer le dialogue avec le FMI. Le Sénégal annonce d’ores et déjà vouloir conclure un accord avec l’institution de Bretton Woods avant le 30 juin prochain.
En effet, le nouveau gouvernement travaille déjà à définir un cadrage macroéconomique crédible, ce qui a impliqué des rencontres au plus haut niveau, notamment entre la délégation sénégalaise et la direction du FMI
Abdoulaye Ndiaye, sacré meilleur jeune économiste africain au dernier Africa CEO Forum de Kigali, décrypte en trois axes les réformes susceptibles de sortir le Sénégal de l’ornière et d’éviter que la situation ne dégénère en crise systémique.
Le pays fait face à des besoins de restructuration de sa dette suite à la révélation d’un niveau d’endettement réel beaucoup plus élevé que prévu. Des efforts de consolidation budgétaire sont attendus.
Pour rappel, l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko a longtemps privilégié une approche basée sur les ressources endogènes afin de réduire la dépendance, ce qui explique le long bras de fer idéologique qui s’est finalement mué en recherche de compromis.