Plus rien ne semble aller entre les deux voisins, la Mauritanie et le Mali depuis que Bamako a accusé Nouakchott d’avoir kidnappé deux soldats maliens en patrouille à la frontière entre les deux pays. Deux jeunes bergers mauritaniens auraient été tués par les soldats maliens sur la frontière.
Deux ressortissants mauritaniens ont été tués vendredi 20 mars 2026 dans une zone située à proximité de la frontière avec le Mali, dans des circonstances encore troubles et fortement contestées. Selon des sources concordantes, notamment la famille des victimes et des autorités locales, ces décès seraient attribués à des éléments de l’armée malienne, une accusation qui n’a, à ce stade, fait l’objet d’aucune réaction officielle de Bamako.
Le drame s’est produit dans le secteur d’Asneib Ankan, à une cinquantaine de kilomètres du territoire mauritanien, dans la région du Hodh El Gharbi. Les victimes, identifiées comme Zeidan Mohamedou Boubacar et Mohamedou Mohamed Abdallah Boubacar, tous deux âgés de moins de 30 ans, étaient originaires du village de Bagdad, une localité frontalière exposée aux dynamiques sécuritaires régionales.
D’après les témoignages recueillis, les deux jeunes hommes faisaient paître leurs troupeaux lorsqu’ils auraient été interceptés par une patrouille militaire malienne. Plusieurs personnes présentes sur les lieux auraient réussi à prendre la fuite en se réfugiant dans un oued voisin, tandis que les victimes auraient été emmenées de force.
Ces événements surviennent dans un climat déjà tendu entre la Mauritanie et le Mali, marqué par des différends récents autour du camp de Mbera. Ce camp, qui accueille depuis 2012 des centaines de réfugiés maliens, est devenu un point de crispation diplomatique après des accusations des autorités maliennes, rejetées fermement par Nouakchott.
Quelques jours avant ce drame, Bamako avait affirmé que des soldats maliens, enlevés en octobre 2025, auraient été détenus dans le camp de Mbera avant de s’en échapper, une version catégoriquement démentie par les autorités mauritaniennes, qui évoquent des accusations “infondées”.
Dans ce contexte de défiance croissante, ces nouvelles pertes humaines risquent d’accentuer les tensions entre les deux pays et de raviver les inquiétudes quant à la sécurité des civils dans cette zone stratégique du Sahel, où se mêlent enjeux humanitaires, sécuritaires et géopolitiques.