jeudi, 22 janvier 2026 20:07

DE QUOI L’ATTITUDE DE DJIBY GUEYE NDIAYE EST-ELLE LE NOM ?

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Sénégal
Atlanticactu / Dakar / Hamet
On se souvient comme hier lorsque Serigne Habib Sy Dabakh avertissait Macky Sall au début de l’affaire Adji Sarr quand tout le monde se terrait dans son coin. « Macky Sall doit mettre fin à cette cabale contre Sonko. Tout ceci n’est qu’un complot pour écarter un adversaire politique. Cher président n’écoute pas les va-t-en guerre, tu y laisseras des plumes. » Ce soir là, dans certains milieux, on se demanda si Serigne Habib Sy n’avait pas parler trop vite mais dans le même temps la sortie donna du courage à tous les leaders d’opinion qui pensaient la même chose sans oser franchir le pas. Elle conforta également une grande partie de l’opinion sur le complot ourdi. Ousmane Sonko et Pastef doivent une fière chandelle à cette sortie historique. Si une telle personnalité subit un mauvais comportement de la part d’un homme censé proche de Ousmane Sonko, cela dénote du mal profond qui ronge ce pays. Si Bruno Diatta commentait et entrait en dialogue avec toute autorité qui lui envoyait un message pour Abdou Diouf où en serions-nous ? Une courroie de transmission, ça transmet et ça ne commente pas !
Serigne Habib Sy n’était pas contre Macky Sall, en homme de principe, il voulait aider un président à être à la hauteur de la fonction. Macky a perdu le pouvoir. Le duo Diomaye-Sonko est arrivé. Happés par les satins de la république, beaucoup d’hommes et de femmes de cette nouvelle majorité, ont soudainement troqué leur humilité et leur sagesse de surface contre une arrogance inouïe. Un virage à 180° ! Djiby Gueye Ndiaye, proche de Ousmane Sonko qui tance aujourd’hui Serigne Habib Sy en est une preuve palpable.
Je revois Djiby Gueye Ndiaye, sourire benêt, réconforté d’avoir été reçu chaleureusement chez Serigne Habib à une période où beaucoup changeaient de trottoir en apercevant quelque chose qui ressemblait à Pastef. Djiby Gueye Ndiaye a eu une attitude méprisable. Et ce n’est pas nouveau. Beaucoup de patriotes regardants avaient déjà attiré l’attention sur lui.
Pour autant, condamner ses agissements et tourner la page, ne permet pas de régler le problème. Il n’est pas le seul responsable et nous ne l’accablerons de tous les péchés d’Israël car on ne tire pas sur une ambulance. Son acte n’est pas isolé. Il nous renseigne juste sur la nécessité de nettoyer ce pays de fonds en comble. « Nañu sangë rewmi…ak xol bu rafét jotna» pour parler comme Al Maktum.

Le plus difficile à contrôler pour un leader qui arrive au pouvoir, est la horde de compagnons de la première heure.

L’alerte du marabout vient à son heure car le chantier est énorme. Djiby Gueye Ndiaye reviendra à de meilleurs sentiments… peut-être…et se rendra même chez Serigne Habib. De bonnes volontés, encore elles, feront la médiation, il s’excusera et retrouvera son sourire benêt. C’est comme ça que le Sénégal marche. Il y a des gens qui n’ont aucune gêne à ravaler leur vomi. L’urgence est un devoir ardent à rééduquer le peuple afin que le respect, la politesse, l’honnêteté, l’honneur, le bon comportement, la dignité, valeurs essentielles qui ont fait l’histoire du Sénégal, reviennent au premier plan et s’ancrent dans notre quotidien.
Cela passera par la télévision, le théâtre, les films, l’école, les ASC. Le développement, nous ne l’atteindrons pas temps que nous ne mettrons pas l’éducation et la pratique des bons comportements au cœur de notre projet de société. Cette orientation ne doit être non négligée. On le sait, quand un leader arrive au pouvoir, le plus difficile à contrôler pour lui, est la horde de compagnons de la première heure. Parfois sans grande compétence, ils ont eu le mérite d’avoir répondu à l’appel du frère, du cousin, du voisin, du collègue ou du neveu… dès la création du mouvement mais qui, malheureusement, sitôt la victoire obtenue et installés à des postes hautement stratégiques, changement complètement. Ce n’est pas tout le monde qui reste stoïque aux délices du pouvoir.
Comme disait Serigne Cheikh Gaïndé Fatma « il n’y a pas de personne totalement inutile. Il faut juste savoir mettre chacun à sa place. »
Djiby Gueye Ndiaye ne rend pas service à Ousmane Sonko en se comportant ainsi. Il permet d’ailleurs, depuis hier, à la meute cachée qui n’apprécie pas trop Sonko d’attiser les braises.

Beaucoup de gourous connus, à la place de Serigne Habib Sy Dabakh, se seraient autoproclamés directeur de conscience de la nation 

Le pouvoir rend fou. Les dorures des palais, les jet privés, les voyages de capitale en capitale, les poignées de main avec les grands du monde, ça rend dingue le petit esprit.
Tout ce que beaucoup découvrent aujourd’hui, Serigne Habib Sy Dabakh n’y attache aucun intérêt, plus, il le fuit. Si vous le connaissiez, vous auriez écouté ses conseils avec intérêt. Quand le roi Hassan Il, l’invitait pour entendre sa belle récitation du Coran, Sonko et Diomaye étaient peut-être bébés, lorsque le président mauritanien lui envoyait son avion personnel pour qu’il lui rende visite, idem. Lorsqu’il passait la journée avec feu président Houphouët Boigny, Diomaye et Sonko étaient peut-être à l’école primaire. Il ne vous demandera ni voitures, ni chèques, ni terrains ni aucun autre privilège. Il sait vivre d’arachide et de lait, allumer une bougie pour passer du temps seul à adorer Allah. Ce qu’il vous dira servira l’intérêt général. Uniquement !
Voilà un chef religieux qui a joué un rôle important dans le changement intervenu en mars 2024 au Sénégal et qui s’est effacé par la suite et s’est muré dans un silence de grand seigneur. Beaucoup à sa place se ferait la porte d’entrée du nouveau régime à Tivaouane, dans les affaires religieuses et au-delà. Il n’en a cure !

Si j’ai un conseil à donner aux porteurs du projet souverrainiste…

Si j’ai un conseil à vous donner, c’est de l’écouter attentivement. Elles ne sont pas nombreuses ces autorités religieuses conscientes et profondément convaincues que le projet souverainiste de Ousmane Sonko est une chance pour le Sénégal. Il faut leur accorder une place spéciale et les écouter attentivement.
On ne peut les citer tous ici mais si vous accordez une oreille attentive a Serigne Cheikh Saliou, Serigne Abdou Mbacké, Serigne Mbaye Sy Abdou, Serigne Abdoul Aziz Touré, Serigne Abdou Rafahi Mbacké, Serigne Alioune Badara Sy, Serigne Bamba Sall, vous toucherez l’ensemble des érudits qui ont foi en ce Sénégal souverain. Dans ce lot, Serigne Habib Sy fait figure de proue.
Je m’en vais vous dire qui est Serigne Habib Sy Dabakh. Né en 1957 à Saint-Louis, il est le fils de Serigne Abdou Aziz Dabakh et de Sokhna Fatou Bâ Ameth dont le père Imam Ahmet Ba était un fin lettré et Imam Ratib de Saint-Louis. Il maîtrise le Coran à 13 ans chez Serigne Hady Touré, celui-là même qui était de son illustre père. Serigne Habib Sy ira compléter ses études universitaires au Maroc. Fin lettré, avec une maîtrise de l’arabe à faire rougir les plus diserts, Serigne Habib Sy est un érudit et spécialiste des sciences islamiques. Bon Saint-Louisien, il est un homme du monde, ouvert, tolérant et d’une grande urbanité.
Retranché le plus clair de son temps à Aïnou Mady à quelques kilomètres de Tivaouane, Serigne Habib mène une vie loin des mondanités et réclame haut et fort ne pas être un marabout ou guide d’un quelconque Dahira ou mouvement religieux. Vous pourriez essayer de le voir des mois, il restera enfermé pour apprendre le Coran et prier. Ceux qui le côtoient peuvent témoigner de cadeaux rendus car n’étant pas sur lui-même que cela lui était dû.

La passion de Serigne Habib Sy Dabakh, ce sont ses livres, les petites gens… le peuple !

Agriculteur, éleveur, commerçant et homme d’affaires, il est un travailleur acharné pour garder son autonomie et sa liberté. Il le dit souvent : « Tendre la main est un supplice que toute personne doit éviter » ou encore citant l’imam Kishk à propos des dettes: «Une dette pas encore payée est plus lourde que la plus grosse des pierres». Sa passion, ce sont ses livres, les petites gens… le peuple ! Ses amis sont le maître coranique, le tailleur, le menuisier, le coordonnier, ses voisins dans les villages d’Aïnou Mady, Yadjine et de kër Gallo, la vendeuse de fruits sur la route, de poisson, (oui il va au marché comme son distingué père Dabakh, comme l’actuel Khalife Serigne Babacar Sy Mansour, comme souvent les pères de famille Saint-louisiens d’ailleurs), …entre un déjeuner au palais et aller au baptême d’un modeste villageois, il ne se fait pas prier une seconde et le couple présidentiel attendra longtemps. « Ko xamul naq héé gà koy woowé« .
Serigne Habib est un homme de refus. Les titres, les grades, les glorioles, les paillettes, ne l’intéressent guère. Seules les belles vertus et les beaux actes comptent chez lui. C’est l’homme d’une autre époque. Celle où la parole donnée était sacrée, la dignité cultivée, l’humilité érigée en mode de vie et ou la rencontre avec son Seigneur est en perpétuelle ligne de mire. Que Dieu lui accorde encore une très très longue vie !
Quelques jours après la victoire du duo Diomaye-Sonko et l’accession à la présidence de Bassirou Diomaye Faye, je lui ai rendu visite et lui a dit : « Je sais que tu es content de la victoire de Pastef et du poste de premier ministre de Sonko. La tâche est immense et à leur place je me mettrai rapidement au travail pour tenir les promesses car le jour où ils s’écarteront de leur ligne, tu ne les rateras pas.» …il sourit et répondit : «Amul wérenté ! Wayé Yalla bumu am.»
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