jeudi, 22 janvier 2026 09:26

Souveraineté alimentaire : Le gouvernement justifie la baisse des crédits du Masae en 2026

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Sénégal

Atlanticactu/ Budget 2026/ Mabouba Diagne/ Serigne Ndong

Alors que le Sénégal avance dans sa quête de souveraineté alimentaire, le projet de budget 2026 du ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage (Masae) fait apparaître une baisse des crédits de paiement. Selon le gouvernement, cette diminution, liée à l’achèvement de plusieurs programmes, ne reflète pas l’ensemble des efforts consentis par l’État.

Le pays, engagé dans une stratégie ambitieuse pour renforcer son autonomie alimentaire, soumet au Parlement un budget dont l’un des indicateurs peut sembler déroutant au premier regard. Les autorisations d’engagement (Aa), qui permettent de programmer des dépenses sur plusieurs années, atteignent 427.006.218.466 milliards de FCFA, tandis que les crédits de paiement (Cp), c’est-à-dire les ressources réellement mobilisables en 2026, sont fixés à 247,586 milliards de FCFA.

Cet écart courant dans la gestion publique moderne met en avant la place des investissements de long terme dans le secteur agricole. Toutefois, c’est la variation d’une année à l’autre qui a retenu l’attention des spécialistes des finances publiques : une comparaison détaillée fait ressortir une baisse d’environ 56 milliards de FCFA des crédits de paiement, soit près de 19% de moins que l’année précédente. Une contraction qui a rapidement suscité des inquiétudes chez les commissaires des finances et du développement rural, réunis pour examiner ce budget essentiel.

En réponse, les ministres Mabouba Diagne (Masae) et Cheikh Diba (Finances et Budget) ont fourni un éclairage important. Selon eux, cette baisse ne signifie nullement un recul de l’État dans sa politique agricole. Elle s’explique surtout par la clôture de plusieurs projets d’envergure, dont les financements ne pouvaient être automatiquement reconduits dans le budget du Masae.

L’arrivée à terme de ces initiatives entraîne un ajustement naturel des crédits, sans exclure de nouveaux projets à venir. Les ministres ont aussi rappelé qu’il est indispensable d’adopter une vision plus large du financement du secteur primaire : près de 301 milliards de FCFA supplémentaires sont mobilisés, mais logés dans d’autres ministères dans le cadre d’une démarche interministérielle.

Ainsi, le ministère des Infrastructures affecte 95 milliards de FCFA au Projet de connectivité des zones agricoles (Pcza), crucial pour désenclaver les zones de production. Celui de l’Hydraulique consacre 79 milliards de FCFA au Programme de désenclavement des Zones agricoles et ministères (Pdzam). La transformation des produits agricoles bénéficie quant à elle de 21 milliards via le Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc) et de 103 milliards de FCFA pour les agropoles, sous la tutelle du ministère de l’Industrie.

Cette répartition témoigne d’une stratégie intégrée où le Masae joue le rôle de coordinateur des filières, tandis que d’autres ministères fournissent les infrastructures et appuis essentiels : routes, hydraulique, industrialisation. L’engagement global de l’État reste donc conséquent, orienté vers une transformation profonde des systèmes de production.

Le débat parlementaire a néanmoins mis en lumière l’écart entre cette vision globale et les attentes urgentes des territoires, qui demandent des ressources rapides et tangibles pour relever les défis quotidiens : semences, mécanisation, irrigation, rémunération équitable. Le budget 2026 du Masae apparaît ainsi comme l’expression budgétaire d’un équilibre délicat entre investissements de long terme et réponses immédiates aux besoins de la population rurale, encore en quête de résultats visibles sur le chemin de la souveraineté alimentaire.

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