jeudi, 22 janvier 2026 11:38

Rencontre Ouattara-Macron : « Pas de 4e mandat », ce que Macron a dû lui dire

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Cote d’Ivoire
Atlanticactu / Abidjan / Paris / Didier Tapsoba
Alors que Paris fait l’objet d’un sentiment anti français dans son ancien précarré avec le départ définitif des militaires français du sol sénégalais, la visite du président ivoirien dans l’hexagone ne laisse personne indifférent. Surtout avec la volonté pretée à Alassane Ouattara de briguer un 4e mandat après avoir écarté ses principaux challengers pour la présidentielle d’Octobre 2025. La rencontre à huis clos entre Alassane Ouattara et Emmanuel Macron, le 16 juillet à Paris, suscite des interprétations divergentes en Côte d’Ivoire.
C’est dans les salons feutrés de l’Élysée, loin des caméras que le président ivoirien Alassane Ouattara et son homologue français Emmanuel Macron ont partagé un déjeuner. Aucune image, aucun communiqué officiel, aucun mot à la presse.
Rien n’a filtré de cette rencontre dont les résultats sont attendus à Abidjan et qui intervient pourtant à moins de trois mois de la prochaine présidentielle ivoirienne. Un mutisme, dans un contexte politique aussi chargé, qui alimente toutes les interprétations.
Parmi les premières réactions, celle de Dr Boga Sacko Gervais, juriste et défenseur des droits de l’homme en exil, qui revient sur le rôle de Paris lors de la présidentielle de 2020, et en tire des conclusions très claires sur le rendez-vous de cette semaine.
« M. Macron est mal placé pour encourager quelqu’un à forcer pour faire un quatrième mandat. […] De bonne foi, je pense que le président Macron a dû lui demander de ne pas oser faire un quatrième mandat », estime l’ex-patron de la Fondation Internationale pour l’Observation et la Surveillance des Droits de l’Homme et de la Vie Pacifique (FIDHOP).
« Sauf que le silence des deux capitales alimente les doutes. À 83 ans, Alassane Ouattara ne s’est toujours pas prononcé sur sa candidature. S’il se présentait, ce serait pour un quatrième mandat. Une perspective qui continue de diviser l’opinion »
En 2011, Paris avait soutenu Alassane Ouattara dans sa conquête du pouvoir. En 2020, sa candidature pour un troisième mandat — que l’opposition avait alors qualifiée d’inconstitutionnelle — avait été tolérée, dans un silence diplomatique interprété comme un feu vert tacite.
Pour Dr Boga Sacko, le tête-à-tête du 16 juillet marque un tournant dans les rapports entre Paris et Abidjan. Il rappelle que c’est la phrase “cas de force majeure” prononcée en 2020 par Emmanuel Macron – pour justifier la candidature controversée d’Alassane Ouattara après la mort d’Amadou Gon Coulibaly – qui avait, selon lui, « cassé les ailes de l’opposition ».
Mais pour l’opposant, le contexte régional a changé, et la France ne peut plus se permettre une nouvelle erreur stratégique. « L’AES est née entre-temps. Macron sait que si la Côte d’Ivoire bascule, le cercle des alliés de la Russie s’agrandira. Il ne peut pas soutenir un quatrième mandat, ce serait suicidaire », analyse-t-il.
Son propos fait écho aux tensions ouvertes entre l’ancienne puissance colonisatrice et plusieurs capitales africaines, notamment au Mali, au Burkina Faso ou au Niger, qui ont tourné le dos à la France. Pour Boga Sacko, un soutien explicite de Paris à une nouvelle candidature de Ouattara pourrait provoquer une rupture similaire.
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