mercredi, 25 mars 2026 10:10

Soupçons de dette, le FDR demande la publication des accords financiers

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Sénégal

Atlanticactu/ Khalifa Sall/ Dette cachée/ Serigne Ndong

Le Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR) a réagi aux informations du journal Financial Times faisant état d’une supposée « dette cachée » du Sénégal évaluée à environ 650 millions d’euros (plus de 432 milliards FCFA). Dans un communiqué, le FDR indique que les Sénégalais ont appris « avec stupéfaction et indignation les tractations financières obscures » menées par le gouvernement Sonko.

Selon l’opposition, face à ce qu’elle considère comme un « échec patent de sa gouvernance, aggravé par la fausse polémique sur la prétendue dette cachée », le Premier ministre Ousmane Sonko aurait recours à des « expédients financiers toxiques » et aurait « simplement et clandestinement de mettre le Sénégal sous hypothèque ».

Mécanismes financiers toxiques et dangereux

D’après le FDR, l’utilisation de mécanismes comme les « Total Return Swaps » (TRS) constitue « gravement atteinte à la souveraineté nationale ». L’opposition avertit que « en cas de défaut de paiement un risque désormais bien réel après la dégradation de notre note aussi bien par Moody’s que par S&P – ces banques auront la priorité sur tout le monde ».

Le Front estime également que les ressources publiques serviront d’abord à « rembourser les banquiers privés d’Abu Dhabi ou d’ailleurs, avant de financer nos écoles, nos hôpitaux ou nos infrastructures, ou même de payer notre dette classique ».

Il affirme aussi que le « gouvernement ne s’est pas contenté d’emprunter dans l’opacité la plus complète : il a aussi utilisé des mécanismes financiers toxiques que les experts considèrent comme les plus dangereux au monde ». Pour le FDR, les « TRS ne sont pas des outils de bonne gestion », mais des « expédients utilisés par les pays au bord de la banqueroute ».

Faire la lumière sur ces emprunts

Le FDR rappelle l’avertissement de 2003 de l’investisseur américain Warren Buffett, qui avait qualifié certains produits dérivés « d’armes financières de destruction massive ».

Par ailleurs, le Front juge que le démenti du gouvernement, relayé par le ministère des Finances et du Budget du Sénégal, « ne répond pas aux questions soulevées, qui porte sur le recours caché à des emprunts toxiques et délétères ».

Face à cette situation, l’opposition demande la publication immédiate de tous les contrats de « swaps » (échange financier) conclus, notamment avec Africa Finance Corporation et First Abu Dhabi Bank. Elle exige aussi des éclaircissements sur les garanties engagées, les coûts financiers annuels et les commissions éventuelles.

Enfin, le FDR appelle l’Assemblée nationale du Sénégal à instaurer une commission d’enquête parlementaire afin d’éclairer ces opérations, tout en invitant les forces vives à se mobiliser pour exiger plus de transparence dans la gestion des finances publiques.

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