mardi, 17 mars 2026 11:47

Sénégal – Marché régional : Levées massives de titres pour sécuriser la trésorerie

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Sénégal

Atlanticactu/ Finances publiques/ Marché Régional/ Serigne Ndong

L’État du Sénégal a honoré ses échéances de mars, notamment pour sa dette internationale. Cependant, la semaine dernière, il a intensifié ses interventions sur le marché régional des titres publics, mobilisant au moins 268,2 milliards de FCFA.

Ainsi, il a levé 110 milliards de FCFA lors d’une opération bouclée le jeudi 13 mars. Il s’agit d’un Bon assimilable du Trésor (BAT) de 350 jours ayant suscité 149 milliards de FCFA de soumissions, soit un taux de couverture de 149%. Les soumissions retenues provenaient de la Côte d’Ivoire (59,3 milliards), du Sénégal (49,6 milliards) et du Bénin (929 millions).

Une autre levée, effectuée quatre jours avant l’échéance du 13 mars, a permis de mobiliser 108,2 milliards de FCFA, dont 22,4 milliards sur un BAT de 364 jours et 85,8 milliards sur une Obligation assimilable du Trésor de 3 ans.

Des maturités courtes et le risque de refinancement

Le 9 mars, le Trésor public a également levé 50 milliards de FCFA sur un BAT de 364 jours, alors que 31,9 milliards de FCFA avaient été proposés sur des OAT de 3 et 5 ans, mais non retenus, une décision pour le moins surprenante.

Ces adjudications mettent en évidence la prédominance de maturités très courtes. « Les 50 milliards retenus l’ont été exclusivement sur les BAT à 364 jours, alors que les OAT à 3 ans et 5 ans n’ont enregistré aucune retenue, malgré des offres existantes. Cela signifie que le financement obtenu s’est fait uniquement à court terme, ce qui accentue le risque de refinancement pour l’État », explique le Pr. Amath Ndiaye.

Ce que traduisent les opérations hors calendrier

Dans une tribune, l’économiste souligne que l’analyse de l’adjudication du 9 mars montre que, si le Sénégal continue d’accéder aux financements, les conditions se durcissent progressivement. « Plusieurs signaux indiquent un affaiblissement progressif de la confiance des investisseurs », alerte-t-il.

Il ajoute que cette opération, déjà hors du calendrier initial soumis à UMOA-Titres, traduit souvent une tension de trésorerie pressante, obligeant l’émetteur à mobiliser rapidement des liquidités.

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