mercredi, 11 février 2026 14:43

Répression des voix critiques : Noo Lank alerte sur la dérive autoritaire

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Sénégal

Atlanticactu/ Collectif Noo Lank/ Etat du Sénégal/ Serigne Ndong

Le Collectif Noo Lank alerte sur une situation préoccupante pour les libertés publiques au Sénégal. Dans un communiqué publié ce mardi, il fustige une gouvernance jugée fébrile, réactive et fortement influencée par les émotions véhiculées sur les réseaux sociaux. Le Collectif relève que plusieurs figures publiques ont récemment été convoquées par la police, dont le chroniqueur Badara Gadiaga, le journaliste Madiambal Diagne et l’activiste Ardo Gningue. Pour Noo Lank, cette série de convocations répétées n’est pas anodine.

Communiqué de Presse :

Le Sénégal traverse une séquence préoccupante où la liberté d’opinion se heurte à une gouvernance fébrile, réactive et de plus en plus influencée par les vagues émotionnelles qui traversent les réseaux sociaux. Ces derniers jours, plusieurs leaders d’opinions ont été convoqués par la police, parmi eux Badara Gadiaga, chroniqueur, Madiambal Diagne, journaliste et Ardo Gningue, activiste. Ce climat de convocations répétées n’a rien d’anodin. Il traduit une volonté de faire taire les voix critiques, de semer la peur et de restreindre progressivement l’espace de liberté que les citoyens se sont arrachés de haute lutte.

Ces pratiques sont d’autant plus inquiétantes qu’elles s’inscrivent dans une logique où les autorités semblent répondre plus aux pressions de l’opinion virtuelle qu’aux exigences de l’État de droit. Gouverner ne consiste pas à réagir à chaud à chaque polémique digitale. Gouverner, c’est avoir le sens de la mesure, de la justice et de la responsabilité. Or, lorsque des opinions exprimées entraînent des convocations, des enquêtes ou des intimidations, c’est toute l’idée de démocratie qui vacille. Ce n’est pas parce qu’une déclaration suscite l’indignation sur la toile qu’elle mérite une sanction judiciaire. La justice ne peut devenir l’outil d’une gouvernance soumise à l’instantanéité, encore moins un paravent pour calmer les colères ou plaire à une foule numérique souvent versatile.

Il est urgent de rappeler que la liberté d’opinion, comme la liberté d’expression, sont consacrées par la Constitution sénégalaise et par les instruments juridiques internationaux dans le préambule. Ces libertés ne peuvent être conditionnées à l’adhésion populaire ou au silence. Elles ne se négocient pas. Dans une démocratie digne de ce nom, on débat, on critique, on confronte les idées, mais on ne convoque pas systématiquement celles et ceux qui refusent de s’aligner sur la pensée dominante ou qui dérangent l’ordre établi.

Le Collectif Noo Lank exprime sa profonde inquiétude face à cette dynamique dangereuse et appelle les autorités à faire preuve de hauteur, de rigueur et de cohérence avec les principes qu’elles affichaient en conquérant le pouvoir. Ce peuple a trop souffert de l’arbitraire pour que les pratiques anciennes soient reconduites sous de nouveaux habits. La peur ne doit plus gouverner, et la justice ne peut être l’ombre portée des humeurs sociales. Il est temps de restaurer la sérénité, de garantir l’équité et de replacer les libertés publiques au cœur de la République.

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