jeudi, 22 janvier 2026 06:58

Rejet de la liberté provisoire de Tahirou Sarr : Ce qu’a retenu le juge

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Atlanticactu/ Tahirou Sarr/ Pool Judiciaire Financier/ Serigne Ndong

La demande de mise en liberté provisoire introduite par Tahirou Sarr a été rejetée par le Parquet de la Juridiction Financière (PJF). L’homme d’affaires demeure donc en détention, les autorités judiciaires estimant que son maintien en prison reste « utile et nécessaire ».

D’après le journal L’Observateur, cette décision s’appuie sur l’arrêt n°21 rendu par la Chambre d’accusation financière du Pool judiciaire financier. Selon le président Mamady Diané et les quatre autres membres de la Chambre, la gravité des faits reprochés, ainsi que les risques importants que ferait peser une remise en liberté sur la conduite de l’instruction, justifient ce refus.

Les juges fondent leur décision sur un ensemble d’éléments « précis et circonstanciés », notamment ceux issus du rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif). Ce rapport met en lumière un système financier complexe, impliquant Tahirou Sarr dans des circuits d’enrichissement opaques, à la frontière du droit et de l’éthique publique.

Selon ce document accablant, Tahirou Sarr aurait perçu des milliards de francs CFA sans fondement contractuel valable, provenant du Trésor public et d’entités non identifiées. Il aurait eu recours à des montages financiers complexes destinés à masquer l’origine des fonds.

Une architecture financière trouble

Parmi les procédés relevés figurent des remises de chèques de montants considérables, le rachat de créances de l’État converties en bons de caisse anonymes, ainsi que l’implication directe de sociétés affiliées à Tahirou Sarr – telles que SOFICO SA et GIS – au service d’une personne politiquement exposée.

Face à cette architecture financière jugée suspecte, la Chambre d’accusation a conclu, dans l’arrêt n°21, que le maintien en détention de Tahirou Sarr reste impératif pour le bon déroulement de l’enquête. Car au-delà de la personne détenue, ce sont les risques qu’elle représente que la justice entend contenir, rapporte le quotidien du Groupe Futurs Médias.

Risques de disparition de preuves et de collusion

En premier lieu, la justice redoute une possible dissimulation de preuves. L’accusation principale portant sur le blanchiment de capitaux implique l’existence de flux financiers occultes et de patrimoines dissimulés. Une liberté, même provisoire, pourrait permettre à Tahirou Sarr de faire disparaître des éléments cruciaux avant que la justice ne puisse les exploiter.

Ensuite, les magistrats craignent des pressions exercées sur les témoins – pour la plupart des fonctionnaires du Trésor – dont les témoignages pourraient être décisifs pour faire la lumière sur cette affaire tentaculaire. Un simple contact ou une concertation suffirait à en compromettre la sincérité.

Les juges évoquent également la possibilité de collusion entre l’accusé et d’éventuels coauteurs ou complices, qu’ils soient agents de l’État ou cadres de banque, au vu des premières conclusions de l’enquête.

Dans ce contexte, libérer Tahirou Sarr reviendrait, selon la Chambre, à fragiliser les fondations mêmes de la vérité judiciaire.

Une affaire à fort impact public

Enfin, les magistrats soulignent les risques de troubles à l’ordre public. L’affaire a suscité un vif émoi dans l’opinion, en raison de l’ampleur des préjudices supposés subis par l’État. À leurs yeux, une affaire d’une telle envergure exige une rigueur exemplaire dans son traitement.

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