Le président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi, va s’adresser à la nation face à la crise humanitaire et aux avancées majeures de la rébellion dans l’est du pays, a déclaré lundi soir Vital Kamerhe, président de l’Assemblée nationale, chambre basse du Parlement, après une réunion de haut niveau présidée par M. Tshisekedi sur la situation humanitaire et sécuritaire à Goma, sous les assauts du Mouvement du 23 mars (M23). Les médiations sur diverses plateformes régionales et internationales sont en attente pour y ramener la paix.
CHAOS A GOMA
Depuis dimanche soir, des hostilités violentes ont été observées dans toute la ville de Goma, qui compte environ un million d’habitants, dont plus de 700.000 déplacés internes vivant en périphérie dans des conditions déjà difficiles.
Lundi matin, les combats se sont intensifiés dans plusieurs quartiers de la ville, y compris près de la frontière avec le Rwanda, ont rapporté des sources locales à Xinhua.
« Les zones de combat actif se sont étendues à tous les quartiers de la ville », a déclaré Bruno Lemarquis, représentant spécial adjoint des Nations Unies et principal responsable humanitaire de l’ONU en RDC, lors d’une conférence de presse lundi. La situation à Goma reste « en évolution rapide », a-t-il ajouté.
Dans sa dernière déclaration publiée tôt lundi, le M23 a annoncé que « la libération de la ville est achevée » et que « la situation est sous contrôle ».
Selon des sources de la mission de maintien de la paix de l’ONU, le groupe a pris lundi le contrôle de plusieurs installations importantes, notamment l’aéroport, le port et une base locale de l’armée congolaise.
L’armée congolaise continue à « tenir certaines positions dans la ville de Goma », a rassuré lundi soir M. Kamerhe.
MEDIATION EN ATTENTE
Dimanche, les membres du Conseil de sécurité ont condamné dans les termes les plus forts les avancées continues du M23 et ont appelé la rébellion à revenir sur son expansion territoriale sans délai, après une réunion d’urgence demandée par le gouvernement congolais. Une deuxième réunion d’urgence devrait se tenir mardi au sujet de la situation sécuritaire dans l’est de la RDC.
Lundi, le président kényan William Ruto a annoncé que les présidents du Rwanda, Paul Kagame, et de la RDC, Félix Tshisekedi, avaient convenu de participer au sommet extraordinaire de la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC) prévu mercredi, vu la situation tendue dans l’est de la RDC.
Cependant, la participation à ce sommet extraordinaire de l’EAC « n’est pas encore à l’ordre du jour », a indiqué Tina Salma, porte-parole du président congolais. La RDC accuse le Rwanda de soutenir le M23, tandis que Kigali, tout en niant ces allégations, accuse à son tour l’armée congolaise de soutenir et de collaborer avec les vestiges des Forces démocratiques de libération du Rwanda, responsables du génocide de 1994 au Rwanda.
Samedi, le représentant angolais auprès de l’ONU, Francisco José da Cruz, a dénoncé la résurgence de la violence dans l’est de la RDC, appelant au strict respect du cessez-le-feu signé le 4 août 2024 et à une intensification des efforts de médiation. La communauté internationale plaide pour une solution politique dans le cadre du « Processus de Luanda » et du « Processus de Nairobi ».
CAUCHEMAR HUMANITAIRE
Après des décennies de violence et de conflits, l’est de la RDC fait face à l’une des crises humanitaires les plus graves, complexes et négligées au monde. Depuis le début de 2025, plus de 400.000 personnes ont été déplacées dans l’est de la RDC, selon les Nations Unies.
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a exprimé sa profonde préoccupation face à la reprise des hostilités par le M23. Dans une déclaration publiée jeudi dernier par son porte-parole Stéphane Dujarric, M. Guterres a condamné la nouvelle offensive du groupe depuis le début de l’année et son expansion dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Alors que l’offensive a causé des pertes civiles dévastatrices et accru le risque d’un conflit régional plus large, M. Guterres a appelé le M23 à cesser immédiatement ses attaques, à se retirer de toutes les zones occupées et à respecter l’accord de cessez-le-feu établi en août dernier.
Plus de 21 millions de personnes ont déjà besoin d’aide dans le pays, l’un des nombres les plus élevés au monde, tandis qu’environ un million de personnes ont déjà cherché refuge dans les pays voisins, a déclaré samedi Joyce Msuya, sous-secrétaire générale de l’ONU, notant que l’escalade dans l’est (de la RDC) menace d’aggraver une situation humanitaire critique.




