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Atlanticactu/ Nicolas Sarkozy/ Serigne Ndong
C’est une première sous la Ve République : un ancien président dort en prison. Nicolas Sarkozy a été incarcéré ce mardi 21 octobre à la prison de la Santé, à Paris. Dès l’aube, plusieurs de ses soutiens s’étaient réunis devant son domicile pour lui témoigner leur solidarité. Sur ses réseaux sociaux, il a promis à ses partisans que « la vérité triomphera ». Dans la foulée, ses avocats ont déposé une demande de mise en liberté.
Reconnu coupable d’association de malfaiteurs fin septembre, l’ancien chef de l’État est arrivé vers 9h30 à la prison du 14e arrondissement. À son entrée, des détenus ont lancé depuis leurs cellules : « Oh bienvenue Sarkozy ! », « Y a Sarkozy ! ».
Plus tôt, une centaine de sympathisants, rassemblés à l’initiative de deux de ses fils, l’avaient applaudi à sa sortie de domicile. Avant de partir, accompagné de son épouse Carla Bruni, il a pris le temps de saluer la foule, visiblement ému.
Un dernier message avant les barreaux
Moins d’une heure avant son incarcération, Nicolas Sarkozy a publié un message dans lequel il dit ressentir « une peine profonde pour la France humiliée par une vengeance qui a porté la haine à un niveau inégalé ». Il conteste ainsi la décision du tribunal correctionnel de Paris, qui l’a condamné à cinq ans de prison ferme, cinq ans d’inéligibilité et 100 000 euros d’amende, pour financement illégal présumé de sa campagne présidentielle de 2007 via le régime libyen de Mouammar Kadhafi.
Pour des raisons de sécurité, il a été placé à l’isolement. Selon ses avocats, il compte écrire et lire pour passer le temps. Il a emporté deux livres : une biographie de Jésus et Le Comte de Monte-Cristo d’Alexandre Dumas.
« Il fait face », assurent ses avocats
Devant la prison, ses défenseurs ont dénoncé une « honte ». Me Jean-Michel Darrois a fustigé une décision injuste, tandis que Me Christophe Ingrain a précisé que son client « faisait face ». « Il est rentré, il a salué les personnes présentes avant d’accomplir les formalités de détention », a-t-il expliqué.
La demande de mise en liberté sera examinée dans environ un mois. « Quoi qu’il arrive, il y aura trois semaines à un mois de détention », a estimé Me Ingrain sur Europe 1.
