Sénégal
Atlantcactu/ Hydrocarbures/ Serigne Ndong
La tension s’accentue dans le secteur énergétique sénégalais autour de la redevance due à la Commission de régulation du secteur de l’énergie (Crse). Face au refus des sociétés pétrolières de payer 0,2 FCFA par litre, l’État a durci sa position.
Pour contraindre les acteurs du secteur, la Crse a commencé à envoyer des mises en demeure et prévoit, selon Ameth Guissé, président de l’Association Sénégalaise des Pétroliers (ASP), l’émission d’Avis à Tiers Détenteur (ATD) pouvant bloquer les comptes bancaires des distributeurs.
« L’État impose sa force régalienne dans un contexte de marges très faibles, menaçant toute l’industrie », dénonce Ameth Guissé. Les pétroliers n’en contestent pas le principe, mais réclament un mode d’intégration plus adapté : soit répercuter la taxe dans les prix, soit l’intégrer au PPI, comme le FSIPP, pour simplifier la collecte.
Malgré des promesses de révision en décembre et février, rien n’a changé. Les distributeurs se retrouvent coincés entre un décret ancien et une réalité économique difficile.
L’efficacité de la Crse est aussi remise en cause : l’ASP regrette l’époque plus agile et moins coûteuse du CNH. Aujourd’hui, les remboursements de la caisse de péréquation accusent plus de six mois de retard, générant un endettement massif des sociétés.
« Une telle décision risque de paralyser le pays », préviennent les membres de l’ASP.
