mardi, 3 mars 2026 19:07

Mobilité des enseignants-chercheurs : le ministère de l’Enseignement supérieur tire la sonnette d’alarme

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Sénégal

Atlanticactu/ Recrutement d’enseignants/ Daouda Ngom/ Serigne Ndong

Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) a exprimé sa « vive préoccupation » concernant le recrutement d’enseignants-chercheurs sénégalais par un pays voisin, alors que ceux-ci exercent actuellement dans les universités publiques du Sénégal.

Dans une circulaire officielle adressée aux recteurs des universités publiques, le ministre, Pr Daouda Ngom, précise avoir relevé, à partir d’une liste d’admis à un récent recrutement à l’étranger, la présence de « cinquante-neuf enseignants-chercheurs sénégalais » en poste dans les établissements publics d’enseignement supérieur du pays.

Le ministre souligne que cet enrôlement dans la fonction publique d’un autre État « soulève de sérieuses interrogations juridiques et réglementaires », au regard des textes encadrant le statut des personnels universitaires au Sénégal. Une telle situation pourrait également perturber le fonctionnement normal des universités publiques, tant sur le plan de l’enseignement que de la recherche.

Face à cette situation qualifiée de préoccupante, le ministère invite les recteurs à « se saisir urgemment de la question ». Il leur est demandé de fournir rapidement « des informations précises sur la nature des relations contractuelles liant les enseignants concernés à leurs universités respectives », ainsi que sur les mesures envisagées pour résoudre cette affaire.

L’objectif du ministère est double : « assurer une gestion optimale et coordonnée des ressources humaines » du secteur de l’enseignement supérieur, tout en garantissant « la continuité et la qualité des activités pédagogiques et scientifiques » dans les universités publiques.

Le ministre a également insisté sur « l’importance d’une exécution rigoureuse » de cette instruction et a invité les responsables universitaires à lui rendre compte des diligences entreprises.

Cette circulaire intervient dans un contexte de forte mobilité des enseignants-chercheurs en Afrique de l’Ouest et soulève avec acuité la question de la compatibilité entre « engagement dans la fonction publique sénégalaise » et « recrutement par un État étranger », un débat qui pourrait relancer les réflexions sur le cadre juridique et la valorisation des carrières universitaires au Sénégal.

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