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Au Ghana, le Parlement a récemment réintroduit un projet de loi visant à durcir les sanctions contre la communauté LGBTQ+, après l’échec d’une précédente tentative en raison de contestations judiciaires. Ce texte, parmi les plus restrictifs d’Afrique, prévoit d’alourdir les peines pour les actes homosexuels et d’étendre la répression aux soutiens des minorités sexuelles.
Actuellement, les relations entre personnes de même sexe au Ghana sont passibles d’une peine allant jusqu’à trois ans de prison. Le projet de loi porterait cette peine maximale à cinq ans et pénaliserait également toute forme de “promotion, parrainage ou soutien délibéré aux activités LGBTQ+”. Approuvé par le Parlement en février 2024, le texte n’avait pas été signé par l’ex-président Nana Akufo-Addo avant la fin de son mandat. Son successeur, John Dramani Mahama, semble privilégier une législation gouvernementale plutôt qu’un projet de loi d’initiative parlementaire. Toutefois, le 25 février, dix députés issus de la majorité et de l’opposition ont présenté à nouveau le texte.
Cette initiative suscite de vives réactions, notamment de la part des militants LGBTQ+. Va-Bene Elikem Fiatsi, une femme trans et activiste, a exprimé sa déception mais réaffirmé la détermination de la communauté à poursuivre son combat pour les droits des minorités sexuelles. L’avenir de cette législation reste incertain, notamment en raison de ses possibles conséquences économiques. Le ministère des Finances a déjà mis en garde contre un risque de perte de financements internationaux, notamment 3,8 milliards de dollars de la Banque mondiale et un prêt de 3 milliards du FMI.
Malgré ces avertissements, certains parlementaires estiment que le Ghana n’a plus à craindre de sanctions économiques. Selon le député John Ntim Fordjour, l’évolution du climat politique mondial, marqué par des discours conservateurs comme ceux de l’ancien président américain Donald Trump, favoriserait l’adoption de telles lois.
