samedi, 24 janvier 2026 12:13

Gestion des prisons au Sénégal : loin des normes internationales avec un surveillant pour 11 détenus

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Atlanticactu/ ANSD/ Saliou Ndong

Dans son rapport annuel sur la situation économique et sociale nationale (SESN), l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) aborde la question de la population carcérale du Sénégal, notamment à la page 76. En 2023, le pays comptait 37 établissements pénitentiaires, répartis en quatre catégories selon le profil des détenus.

Les maisons d’arrêt et de correction, au nombre de 32, accueillent différents types de détenus, allant des condamnés pour des infractions mineures aux inculpés et accusés en attente de jugement. Parmi celles-ci, la maison d’arrêt de Rufisque est réservée aux femmes, tout comme les établissements de Rebeuss et de Liberté VI. Les maisons de correction, quant à elles, sont destinées aux condamnés à des peines de moins d’un an. Par ailleurs, les camps pénaux sont réservés aux détenus purgeant des peines supérieures à un an, y compris ceux condamnés à la réclusion criminelle.

Le rapport souligne également la répartition géographique de ces établissements. La région de Dakar, avec ses huit prisons, représente 21,6 % de l’ensemble national. D’autres régions comme Diourbel, Fatick, Kaolack, Louga, Saint-Louis, Thiès et Ziguinchor en comptent chacune trois. Kolda et Tambacounda en possèdent deux, tandis que Kaffrine, Kédougou, Matam et Sédhiou n’ont qu’un seul établissement.

En ce qui concerne le personnel pénitentiaire, la situation reste préoccupante. En 2023, on comptait 2 290 agents, dont 1 923 hommes (84 %) et 367 femmes (16 %), la majorité étant des surveillants (87 %). Les femmes demeurent sous-représentées dans toutes les catégories professionnelles. Cette répartition reflète un autre problème majeur : le ratio entre surveillants et détenus. Actuellement, un surveillant doit s’occuper de 11 détenus, alors que les normes des Nations unies recommandent un ratio de 1 surveillant pour 2 détenus.

Cette pénurie de personnel vient s’ajouter à la surpopulation carcérale. En 2023, les prisons sénégalaises, conçues pour accueillir 4 833 personnes, en hébergeaient près de 13 000, soit un taux d’occupation de 267 %, bien au-dessus des seuils critiques. Certaines régions, comme Kédougou, atteignent un taux d’occupation de 501 %, tandis que Sédhiou (359 %), Saint-Louis (366 %), Matam (305 %) et Dakar (303 %) souffrent également de surpopulation.

Devant cette situation alarmante, les autorités sénégalaises sont confrontées à un besoin urgent de construction de nouvelles infrastructures pénitentiaires pour lutter contre la surpopulation et améliorer les conditions de détention, ainsi que celles de travail du personnel pénitentiaire. La réalisation de ces projets est cruciale pour respecter les normes internationales en matière de gestion des prisons et garantir des conditions de détention plus dignes.

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