Sénégal
Atlanticactu/ Farba Ngom/ Serigne Ndong
Intervenant sur la procédure, Me Cissé a déclaré devant la presse que Farba Ngom, placé sous mandat de dépôt depuis le 27 février, et Tahirou Sarr, incarcéré le 28 février, n’ont jamais été entendus sur le fond du dossier en neuf mois de détention.
« Ni Tahirou Sarr ni Farba Ngom n’ont été entendus. Le cas de M. Ngom est particulièrement grave : médicalement malade, il avait présenté un dossier au juge dès son inculpation, mais sa demande d’expertise a été ignorée », a affirmé l’avocat, qualifiant la situation de « très grave ».
Après opposition du procureur et désignation de trois nouveaux médecins, leur rapport a confirmé que M. Ngom court un risque de « mort subite ». Malgré cela, la loi (alinéa 2 de l’article 140 du Code de procédure pénale), qui prévoit la mainlevée du mandat de dépôt en cas d’état de santé incompatible avec la détention, a été interprétée de façon erronée.
Me Cissé a insisté sur le fait qu’un centre hospitalier demeure sous contrôle pénitentiaire et que la sortie de prison de M. Ngom, avec placement sous contrôle judiciaire si nécessaire, serait conforme à la loi.
L’avocat a également critiqué la loi sur la CENTIF, qualifiée de « scélérate » car elle viole le principe du contradictoire, en permettant un emprisonnement préventif sans enquête préalable ni preuves solides. Selon lui, aucun élément n’étaye l’accusation de vol de 125 milliards de francs CFA au Trésor public, et les inspecteurs du Trésor ainsi que les détails budgétaires n’ont pas été intégrés au dossier.
« Dans cette affaire, les droits de la défense, sacrés par la Constitution, sont piétinés. Farba Ngom et Tahirou Sarr sont gardés neuf mois sans être entendus alors qu’on leur reproche 125 milliards. Aucun sérieux n’est accordé à la procédure », a dénoncé Me Cissé, appelant à un respect strict des droits fondamentaux des accusés.
