mardi, 3 mars 2026 20:59

Enlèvement au Mali : Deux reporters de l’ORTM capturés par des jihadistes

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Mali

Atlanticactu/ Journalistes/ ORTM/ Serigne Ndong

Au Mali, deux journalistes de l’ORTM, la télévision nationale, ont été enlevés mardi 14 octobre près de Konna, dans la région de Mopti. L’enlèvement, non revendiqué pour l’instant, est attribué aux jihadistes du Jnim, affiliés à Al-Qaïda, très présents dans la zone et auteurs réguliers de kidnappings visant des représentants de l’État.

Daouda Koné, récemment nommé directeur de l’ORTM à Douentza, et son cameraman, Salif Sangaré, voyageaient à bord d’un minibus entre Sévaré et Konna lorsque, vers 14 heures, des hommes armés ont intercepté le véhicule. Les autres passagers ont été relâchés, mais les deux journalistes ont été emmenés vers une destination inconnue.

Contactées par RFI, la direction de l’ORTM et la Maison de la presse du Mali ont refusé de commenter l’affaire, par crainte de compromettre d’éventuelles négociations. « Nous sommes des cibles partout », déplore un responsable d’association de journalistes maliens.

Depuis 2020, au moins cinq journalistes maliens ont été enlevés par des groupes armés, majoritairement liés au Jnim ou à des milices dozos. Plusieurs d’entre eux Saleck Ag Jiddou, Moustapha Koné, Sory Koné, Moussa M’Bana Dicko et Hamadoun Nialibouly n’ont jamais été retrouvés. Ce dernier serait décédé en captivité. En 2023, Abdoul Aziz Djibrilla, de Radio Naata, a été tué lors d’une attaque au cours de laquelle deux de ses confrères ont été enlevés.

Le journaliste français Olivier Dubois, enlevé en 2021, a passé deux ans en détention avant d’être libéré par le Jnim en 2023. Dix ans plus tôt, en 2013, les reporters de RFI Ghislaine Dupont et Claude Verlon avaient été assassinés à Kidal par Al-Qaïda au Maghreb islamique.

Au-delà des journalistes, de nombreux militaires, fonctionnaires, enseignants et habitants refusant de pactiser avec le Jnim restent détenus par les groupes armés.

En plus de la menace jihadiste, la presse malienne subit une forte pression politique. Les autorités de transition, issues du coup d’État de 2020, sanctionnent toute critique jugée excessive, menant à des suspensions ou à des poursuites judiciaires. Craignant des représailles, de nombreux journalistes pratiquent l’autocensure, notamment sur les questions liées à l’armée ou à la gouvernance. Ces restrictions de la liberté de la presse ont été maintes fois dénoncées par des organisations internationales comme Amnesty International, la FIDH ou Reporters sans frontières.

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